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Portrait d'Emmanuel Macron décroché à Saint-Denis : le maire Bally Bagayoko est-il dans son droit ?

Le maire de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) a décidé de décrocher le portrait d'Emmanuel Macron dans sa mairie. [Thomas SAMSON / AFP]

À la mairie de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le portrait d'Emmanuel Macron est désormais face au mur. Il a été décroché et retourné par l'édile de La France insoumise nouvellement élu, Bally Bagayoko. Si le préfet lui demande de remettre le cadre en place, le maire ne risque rien aux yeux de la loi.

C'est un geste politique très assumé. À Saint-Denis, le maire LFI Bally Bagayoko a décroché et retourné le portait d'Emmanuel Macron, qui se retrouve face au mur. Le préfet de Seine-Saint-Denis, Julien Charles, a déclaré ce mercredi lui avoir demandé de remettre en place le cadre montrant le visage du chef de l'État.

"L'accrochage du portrait du président de la République dans les mairies, s'il ne relève d'aucune obligation légale, est un usage consacré par la tradition républicaine. Sa fonction est de rassembler les citoyens autour des institutions, au-delà des clivages politiques", a-t-il écrit dans un courrier.

Aucune obligation légale

L'élu insoumis lui a adressé un refus poli. Et malgré la polémique, Bally Bagayoko est tout à fait dans son droit. Car, juridiquement, il ne risque rien.

En France, afficher le portrait du président de la République dans une mairie relève de "la tradition républicaine", comme l'a indiqué le préfet, mais pas de la loi. Si la Constitution protège le drapeau tricolore, l’hymne national ou la devise de la République, le portrait du président de la République n'y apparaît nulle part.

La macronie voulait rendre l'affichage obligatoire, sans succès

Le ministère de l’Intérieur l’avait d’ailleurs rappelé dès 2009 : aucune sanction administrative ou pénale n’existe contre les maires qui choisissent de décrocher le portrait présidentiel. La droite puis la macronie ont bien tenté de rendre cet affichage obligatoire ces dernières années, en vain.

Depuis toujours, la République préfère l’usage à l’obligation. Avec une seule exception dans l'histoire : le régime de Vichy, qui avait imposé le portrait de Pétain, dans les mairies en 1940. Une obligation qui a été, bien entendu, supprimée à la Libération.

Le maire de Saint-Denis bouscule les symboles républicains. Mais sans franchir la ligne rouge de la loi.