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Paris : la mairie déplore un «manque de moyens» policiers contre les pillages de samedi

[Blanca CRUZ / AFPc]

La première adjointe PS au maire de Paris, Lamia El Aaraje, a déploré dimanche "un manque de moyens" policiers pour mettre un terme aux scènes de pillages constatées samedi jusque dans la nuit dans de nombreux secteurs de la capitale.

Le bras droit du maire socialiste Emmanuel Grégoire a évoqué sur franceinfo "un niveau de violence que nous n'avons, je crois, jamais vu" à Paris. "À l'évidence", a relevé la première adjointe, "les forces de l'ordre hier ont été débordées, notamment à certains endroits".

"Ce qui n'est pas acceptable, et c'est ce qui nous est remonté par ailleurs d'un grand nombre d'habitants qui nous appelaient désespérés, ou de commerçants qui nous appelaient en nous interpellant", a poursuivi la maire-adjointe, c'est que "méthodiquement", "des gens" ont parcouru "des rues entières en pillant, en saccageant".

"L'ampleur des dégâts est considérable et inédite"

Des habitants et commerçants ont interpellé la mairie en disant "mais où sont les forces de l'ordre ?", a assuré Lamia El Aaraje. "Pour le coup il y a eu clairement, je dirais, un manque de moyens hier soir sur la capitale", "ce n'est pas acceptable de voir à l'image des gens saccager des commerces et s'en prendre physiquement" à des bâtiments, a-t-elle ajouté.

Soulignant que "l'ampleur des dégâts est considérable et inédite", le maire Emmanuel Grégoire a écrit dimanche une lettre aux commerçants parisiens publiée en fin de matinée sur X. Il y annonce la mise en place d'une "cellule d'urgence" dédiée aux commerçants victimes des dégradations, chargée de "recenser les dommages", "d'accompagner les commerçants touchés et de faciliter leurs démarches administratives et assurantielles".

L'édile demande aussi "l'organisation, dès lundi, d'une réunion exceptionnelle réunissant notamment les représentants des commerçants, les chambres consulaires, les assureurs et les services de l'État", afin notamment de "simplifier les procédures" pour permettre la "reprise des activités" au plus vite.

Les groupes d'opposition Paris Liberté, Paris apaisé et Paris au centre, qui regroupent respectivement des élus Les Républicains, Horizons et MoDem, ont écrit dimanche au ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez pour demander une réunion dès lundi "en présence du préfet de police" et avec "l'ensemble des maires d'arrondissement de la capitale".

Ils dénoncent l'absence de "lien direct et permanent" entre les maires d'arrondissement et la préfecture de police, canal réservé à la mairie de Paris selon eux. "Les maires d'arrondissement ont découvert la situation en même temps que tout le monde", déplorent les groupes dans leur lettre envoyée aussi au préfet de police Patrice Faure et au maire de Paris.