Paris : avec Airbnb, "nous avons perdu 20.000 logements en cinq ans", dénonce Ian Brossat

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L'élu communiste, interrogé dimanche sur Europe 1, souhaite notamment bannir les locations intégrales d’appartements en Airbnb du centre de la capitale. 
INTERVIEW

Il en a fait son principal cheval de bataille. Ian Brossat, adjoint à la mairie de Paris en charge du logement, souhaite l’encadrement d’Airbnb dans le centre de la capitale. L’élu estime en effet que l’engouement autour de cette plateforme de réservation de logements de particuliers pour des courtes durées n’a fait qu’aggraver la tension locative à Paris. "Nous sommes confronté maintenant depuis quelques années à un développement énorme de cette entreprise qui a des conséquences très concrètes pour les Parisiens", relève dimanche Ian Brossat au micro de Bernard Poirette sur Europe 1. "Pour être très simple : nous avons perdu 20.000 logements en cinq ans", déclare-t-il.

"Ce sont des logements qui, auparavant, étaient loués à des Parisiens, et qui désormais sont devenus des machines à cash et ne sont plus utilisés que pour accueillir des touristes", déplore l’élu. "Dans une ville qui est aussi dense que Paris, dans laquelle nous avons autant de difficultés de logement, nous ne pouvons pas accepter une hémorragie pareille", lâche-t-il.

Des immeubles entiers transformés en "hôtels clandestins". Ian Brossat dénonce ainsi un passage de la culture du partage à une véritable économie de prédation. "Au départ, Airbnb se présente comme une entreprise sympathique qui fait deux gagnants, d’une part un propriétaire qui loue son logement de manière occasionnelle, et d’autre part un touriste qui peut venir à Paris ou dans une autre ville à des tarifs inférieurs à ceux des hôtels. C’est donc un système gagnant-gagnant", rappelle-t-il. "Mais la vérité, c’est que nous avons de plus en plus affaire, non pas à des loueurs occasionnels, mais à des gens qui ont acheté des appartements, parfois des immeubles entiers, qu’ils ont transformé en hôtels clandestins."

Exclure Airbnb des quatre premeirs arrondissements. Pour mettre fin à ce système, Ian Brossat propose notamment de bannir Airbnb du centre de la capitale. "Je suis effectivement favorable à ce que l’on interdise la location d’appartements entiers d’Airbnb dans les quatre premiers arrondissements de Paris. Pourquoi ? Parce qu’il y a une spécificité dans ces arrondissements-là. Aujourd’hui, un logement sur quatre - 26% - n’est plus occupé par un Parisien", assure-t-il. "Dans ces arrondissements-là, on a maintenant des rues entières dans lesquelles on a quasiment que des locations Airbnb."

Le "lobby des hôteliers". Airbnb a estimé de son côté qu’une telle mesure ne pouvait être qu’inlfluencé par le "lobby des hôteliers", ce dont se défend vivement Ian Brossat. "Je suis élu communiste, et je ne pense pas que l’on puisse me soupçonner d’être vendu au lobby hôtelier", argue-t-il. "Aujourd’hui, toutes les grandes villes du monde cherche des outils de régularisation pour éviter que ce développement d’Airbnb ne se fasse contre les habitants", pointe-t-il, en citant notamment Barcelone, Amsterdam et Madrid.