vote France 1:30
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Caroline Baudry, édité par Solène Leroux , modifié à
L'État a fixé au 12 décembre la tenue du scrutin historique sur l'indépendance. Cette ultime consultation s'annonce hautement sensible. Un appel au boycott du vote a été lancé mardi par le mouvement historique de la lutte kanak, le FLNKS. Ils demandent, en vain, que l'État reporte la date du vote en 2022, à cause de l'épidémie de Covid-19.

Un dispositif exceptionnel en Nouvelle-Calédonie. 2.000 gendarmes, policiers, militaires seront envoyés en renfort pour encadrer le déroulement du troisième référendum sur l'indépendance. C'est davantage que le nombre de gendarmes déployés sur le territoire : ils sont actuellement environ 1.400. Outre les forces humaines, 160 véhicules, 30 engins blindés ainsi que deux hélicoptères Puma et un avion Casa de l'armée seront mobilisés pour le vote. Soit deux fois plus d'effectifs que lors du premier référendum, le 4 novembre 2018, remporté par les partisans du maintien dans la France avec 56,7% des voix. En 2020, le "non" l'avait de nouveau emporté, cette fois d'une courte majorité.

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Vote impossible pour les indépendantistes

Plus de 250 morts depuis début septembre, des funérailles traditionnelles kanak bouleversées par le Covid-19... Dans ces conditions, impossible de voter le 12 décembre prochain d'après les indépendantistes. "Les gens ils n'ont pas l'habitude de ça. Ici, une fois que le cercueil est descendu c'est la famille qui prend sa pelle et qui l'enterre à la main quoi", explique au micro d'Europe 1 Jean Creugnet, porte-parole du FLNKS, le principal parti indépendantiste. 

"Pendant le confinement et même aujourd'hui c'est un engin mécanique qui vient et qui remplit le trou. La population est très choquée. Les gens vont passer au moins quinze jours ou trois semaines à finir leur deuil. Et puis, chez nous, ça prend du temps. En attendant, on ne pourra pas faire la campagne de terrain. Il nous manque 5.000 voix. Il faut que cette campagne soit chirurgicale." S'il a lieu le 12 décembre, les indépendantistes contesteront "certainement" le résultat du référendum en cas de victoire des loyalistes.

En face, les loyalistes dénoncent l'instrumentalisation de la crise sanitaire. "Je rappelle que ce sont les indépendantistes qui ont demandé ce troisième référendum et que la situation sanitaire s'améliore de jour en jour. Le ministre a été très clair sur le fait que ce référendum aurait lieu s'il n'y avait pas de perte de contrôle sur la situation sanitaire", explique Sonia Backès, leur cheffe de file, au micro de nos confrères de RRB. Les loyalistes annoncent relancer leur campagne suspendue à cause du Covid-19. Quant au Haut-commissaire de la République Patrice Faure, il n'a fait aucun commentaire : "Pour le moment, je me contente de l'organiser, pour le 12".