Si cela pourrait leur coûter leur mandat de député, beaucoup d'entre eux se lanceront, ces prochaines semaines, dans la course aux élections municipales. Avec la volonté de se sentir plus utile dans les mairies qu'à l'Assemblée.
Emmanuel Gregoire et Sophia Chikirou à Paris, Laure Lavalette à Toulon, Sébastien Delogu ou Franck Allisio à Marseille… Ils sont près d’une centaine de députés à se lancer dans la course aux élections municipales.
Un chiffre en forte hausse par rapport aux élections de 2020, qui comptaient seulement 63 candidats venus de l’Assemblée. La tendance vient illustrer la volonté d’ancrage mais aussi le sentiment d’inutilité des parlementaires, élus au sein d’un hémicycle sans majorité depuis près de deux ans.
Tourner la page d’une législature marquée par l’absence de grande loi
"J'ai été très présente sur un certain nombre de questions, notamment les questions budgétaires, financières. Je continuerai à pousser ces idées-là, mais là, je pense que pour ma ville de L'Aigle, je vais être beaucoup plus utile, je vais dans le concret", explique Véronique Louwagie, députée LR de l’Orne depuis 2012 et candidate à la mairie de L’Aigle.
"Je vais pouvoir réaliser un certain nombre d'actions, pousser des idées et mesurer également l'impact de ces actions", ajoute celle qui ambitionne de retrouver un mandat qui ait du sens. Une envie de se sentir utile partagée par Julie Lechanteux, députée RN du Var, candidate à Roquebrune-sur-Argens. "En étant une élue locale, on retrouve cette possibilité d'agir concrètement, d'améliorer leur quotidien", assure cette dernière.
Beaucoup veulent ainsi tourner la page d’une législature marquée par l’absence de grande loi et une ambiance pesante dans l’hémicycle. Pour les partis, c’est aussi l’occasion de s’implanter localement : 30 députés RN et 19 de la France Insoumise seront candidats les 15 et 22 mars prochains.
Pour rappel, en cas d’élection, les nouveaux maires venus de l’Assemblée devront démissionner de leur mandat de député.