Municipales : pourquoi des membres du gouvernement se présentent-ils en dépit du non-cumul des mandats ?

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La loi sur le non-cumul des mandats est entrée en vigueur en mars 2017. 2:45
La loi sur le non-cumul des mandats est entrée en vigueur en mars 2017. © SEBASTIEN BOZON / AFP
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Les élections municipales se profilent et les noms de membres du gouvernement apparaissent sur certaines listes. Pourtant, la loi sur le non-cumul des mandats ne leur permet pas d'occuper un poste exécutif en mairie. Jean-Daniel Lévy, directeur du département politique et opinion d'Harris Interactive, a donné mardi quelques clés de lecture au micro d'Europe 1.
ON DÉCRYPTE

Marlène Schiappa, Jean-Baptiste Lemoyne, Didier Guillaume, Agnès Pannier-Runacher... Les membres du gouvernement qui se présentent sur certaines listes pour les élections municipales de mars sont nombreux. Le cumul d'une fonction exécutive locale avec leur poste ministériel est pourtant interdite. Dès lors, pourquoi mènent-ils campagne ? Jean-Daniel Lévy, membre de l'institut d'études d'opinions Harris Interactive, a expliqué mardi au micro d'Europe 1 que l'objectif de cette manœuvre n'était pas nécessairement d'occuper le poste de maire.

"Le Président a demandé aux uns et aux autres de choisir entre leurs différentes fonctions", explique Jean-Daniel Lévy. "Soit une fonction exécutive locale, soit une fonction de ministre." La présence du ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, comme tête de liste pour les élections municipales à Tourcoing, paraît surprenante au premier abord. Mais "on peut être tête de liste sans pour autant exercer par la suite la fonction de maire".

"Se renforcer politiquement"

Pour les cumulard potentiels, l'objectif serait donc avant tout de porter une liste à laquelle ils sont favorables. Ils peuvent ensuite éventuellement être intégré au sein de l'équipe municipale en tant que conseiller. Mais c'est aussi "une manière de se renforcer politiquement" en préservant "une forme d'avenir politique". Émettant l'hypothèse d'une candidature du Premier ministre, Edouard Philippe, à la mairie du Havre, Jean-Daniel Lévy développe : "Si jamais il devait être candidat tête de liste à la mairie du Havre, et l’emporter nettement, il apparaîtrait au sein du gouvernement comme étant un responsable politique relativement fort."

 

Pour d'autres membres du gouvernement, le positionnement sur les municipales semble en revanche beaucoup plus sérieux, ce qui pourrait donner lieu à un remaniement. "Pour la candidature à la mairie de Paris, un certain nombre de ministres avaient quitté leur fonction", rappelle Jean-Daniel Lévy qui ne manque pas d'évoquer le cas de Benjamin Griveaux et de Mounir Mahjoubi (qui, depuis, s'est retiré de la course).

Europe 1
Par Antoine Cuny-Le Callet