Bruno Retailleau, patron des LR, a voulu laisser le choix aux électeurs à Nice, refusant ainsi d'apporter un soutien clair au maire sortant Christian Estrosi (Horizons), opposé à Éric Ciotti (UDR).
Le patron de LR Bruno Retailleau a refusé mercredi d'apporter son soutien au sortant Christian Estrosi (Horizons) qui affronte au second tour des élections municipales à Nice l'ex-président des Républicains Eric Ciotti, allié du RN, laissant le choix aux électeurs "en leur âme et conscience". "On avait un accord national avec Horizons notamment, qui comprenait Nice (mais) cette campagne a été délétère", a affirmé sur BFMTV-RMC l'ancien ministre de l'Intérieur, évoquant "l'appel à la gauche et au communautarisme" de la part du maire sortant qui compte pourtant plusieurs candidats LR sur sa liste.
"Je ne donne pas de consignes dans les conditions de cette campagne absolument délétère dans laquelle je ne me retrouve pas, ni d'un côté ni de l'autre", a affirmé Bruno Retailleau. La campagne niçoise a effectivement été brutale, entre accusations, petites phrases, transfuges... Christian Estrosi, nettement distancé au premier tour par Eric Ciotti (31% contre 43%) multiplie depuis dimanche soir les appels à un large rassemblement, y compris avec la gauche.
"C'est la gauche aujourd'hui qui trahit ses idéaux"
Avant le second tour des municipales, Bruno Retailleau, qui s'est lancé il y a un mois dans la course à l'Elysée, s'en est pris à nouveau "aux accords de la honte" entre la gauche et LFI. "Le PS et les écologistes en France ont inventé en réalité l'antisémitisme à géométrie variable", a-t-il déploré, mettant en avant les contradictions entre le refus d'un accord national avec le parti de Jean-Luc Mélenchon, et ceux obtenus localement dans des villes comme Nantes, Lyon, Toulouse ou Strasbourg.
"C'est la gauche aujourd'hui qui trahit ses idéaux", a-t-il ajouté, lançant un appel aux électeurs de droite et du centre, mais aussi à ceux du RN, à voter pour les candidats LR ou soutenus par son parti pour "faire échouer une gauche souvent 'lfisée'".
Interrogé sur les rares cas d'alliances locales entre des candidats LR et le Rassemblement national, comme à Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne), le patron des Républicains a réitéré que les membres de sa famille politique seraient exclus s'ils s'entendaient avec le parti à la flamme.