Mobilisation contre la réforme du Travail : ce qu'espère Jean-Luc Mélenchon

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À six jours d'une journée de mobilisation contre la réforme du code du Travail, Europe 1 a suivi Jean-Luc Mélenchon dans l'organisation de ce rassemblement décisif pour l'opposition qu'il espère incarner.

L'ENQUÊTE DU 8H

Il oscille entre l'excitation et l'angoisse. Un jour très inquiet, Jean-Luc Mélenchon appelle son équipe très tôt pour savoir le nombre de bus prévus pour son rassemblement du 23 septembre. Ses collaborateurs le rassurent : déjà une centaine de transports réservés, dont plusieurs, par exemple, au départ du Mans. C'est un très bon indicateur pour Jean-Luc Mélenchon, qui compare ces chiffres à ceux de sa campagne présidentielle. Il devrait y avoir plus de bus samedi que lors de son grand meeting de la place de la Bastille qui avait réuni 100.000 personnes. 

Pourquoi ? "Parce que les colère se rejoignent", explique auprès d'Europe 1 le leader de la France insoumise. "Les citoyens n'ont pas choisi l'austérité. La fonction cathartique de l'élection n'est pas intervenue, la bataille continue." Et Jean-Luc Mélenchon ne prépare pas cette marche seule, il assure que des syndicats et des fédérations lui apportent de l'aide en coulisses.

Lancer une dynamique. Jean-Luc Mélenchon espère un effet de masse, une foule immense. Il ne veut pas donner de chiffre, mais la barre des 150.000 personnes est évoquée. L'essentiel pour lui, c'est aussi la perception qu'en auront les participants ; s'ils sentent que tout peut basculer, une dynamique sera enclenchée. C'est une étape décisive.

Paralyser la France... Il compte sur un effet boule-de-neige avec la mobilisation le 25 septembre de FO et CGT-transport. "Le poids de la grève dépend des catégories sociales. Quand vous avez les routes bloquées, il n'y a plus rien qui passe. Parfois, vous avez aussi les raffineries qui se bloquent, là, vous n'avez plus d'essence. C'est ce qu'espère Jean-Luc Mélenchon : le blocage des raffineries. "En plus, c’est simple, il n’en reste que neuf en France, on sait où les trouver", ajoute un de ses fidèles. Le patron des Insoumis a noté aussi l'appel unitaire à la grève dans la fonction publique le 10 octobre. Lui-même prépare déjà le coup d'après : un autre rassemblement est à l'étude.

... et inverser le rapport de force. Et pour organiser la gronde, le tribun a un exemple en tête : les manifestations de 1995 contre les réformes d'Alain Juppé. Un puissant mouvement social qui aboutit alors à l'abandon des réformes puis, un an plus tard, à des élections législatives anticipées. "Chirac avait compris que le rapport de force de 1995 n'existait plus", analyse le député des Bouches-du-Rhône. "Je suis sûr que l'on gouvernera ce pays ! Nous sommes dans une guerre de mouvements", conclut-il avec le sourire d'un animal politique.