Manuel Valls : "Ne rien faire en Syrie, c'était signer notre impuissance"

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Invité du Grand rendez-vous dimanche, l'ancien Premier ministre a souligné la nécessité des frappes menées en Syrie par la France, les États-Unis et le Royaume-Uni samedi.
INTERVIEW

Manuel Valls est formel : il fallait frapper la Syrie. Vingt-quatre heures après l'opération militaire menée par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, l'ancien Premier ministre a fait part de son approbation, dimanche au micro du Grand Rendez-vous d’Europe 1/Cnews/Les Échos"Ne rien faire en Syrie, après l'utilisation avérée d'armes chimiques, c'était signer notre impuissance". 

"Nous avons perdu beaucoup de temps". "Nous avons perdu beaucoup de temps, mais face aux agissements du régime criminel de Bachar al-Assad, il fallait agir", défend encore le député apparenté LREM de l’Essonne. Selon lui, ces frappes auraient même dû être entreprises plus tôt. Et notamment en septembre 2013. Barack Obama avait alors "interdit" au Premier ministre David Cameron de lancer une opération ciblée. Manuel Valls, ministre de l'Intérieur à l'époque, n'a depuis cessé d'y voir une "dérobade". "Ne pas être intervenu à ce moment-là a eu des effets désastreux sur le conflit syrien, a donné les coudées franches à Bachar al-Assad pour poursuivre ses attaques chimiques contre la population, a donné la possibilité à l'Iran de rentrer pleinement dans le jeu et à la Russie de considérer la faiblesse des États-Unis et de l'Europe, en soutenant le régime syrien mais en intervenant également en Ukraine et en Crimée".

Entendu sur europe1 :
Il y a un parti poutinien, un parti russe, incontestablement dans la droite française

"Très choqué des positions de la droite" sur la Syrie. Manuel Valls s'est par ailleurs dit "très choqué des positions de la droite française" suite à ces frappes en Syrie. Une référence à peine voilée à la réaction de Laurent Wauquiez, dimanche. Le président de LR a affirmé dans le JDD ne comprendre "ni l’utilité, ni le sens" de ces frappes. Pourfendant un "alignement" sur les États-Unis, le dirigeant de La France Insoumise Jean-Luc Mélenchon a lui appelé à "rétropédaler" après des frappes "irresponsables". "Je suis indigné des positions de Jean-Luc Mélenchon. Où sommes-nous ?", a répondu dimanche Manuel Valls, avant de conclure : "Il y a un parti poutinien, un parti russe, incontestablement dans la droite française et il y a une vision de cette extrême gauche qui me semble totalement erronée".

Europe 1
Par T.M.