Un des projets de loi les plus attendus de la niche parlementaire de Renaissance, les députés macronistes ont demandé le rejet préalable de leur propre texte sur le travail le 1er mai et éviter une "obstruction" de la gauche.
Les députés macronistes ont demandé vendredi matin le rejet préalable de leur propre texte visant à autoriser le travail de salariés de certains commerces le 1er-Mai pour éviter une "obstruction" de la gauche, qui dénonce à l'unisson une manœuvre "scandaleuse".
Un rejet qui permettrait la convocation d'une commission mixe paritaire
À l'ouverture des débats, le groupe Ensemble pour la République a déposé une motion de rejet préalable à l'examen de son texte. "Certains groupes politiques ont fait le choix de l'obstruction parlementaire, rendant impossible l'examen de ce texte dans un délai raisonnable", a déclaré à la tribune la députée Nicole Dubré-Chirat (Renaissance).
Pour permettre son adoption, dès le 1er mai de cette année, le groupe souhaite aller vers un rejet préalable du texte avant son examen, qui permettrait la convocation d'une commission mixe paritaire (CMP), c'est-à-dire un accord entre députés et sénateurs. Le Sénat a déjà adopté cette proposition de loi, initialement portée par Les Républicains, mais reprise par le groupe de Gabriel Attal dans sa niche parlementaire.
L'objectif est "d'éviter des discussions sans fin et l'impossibilité de voter ce texte" avant 17H30, heure prévue de fin de la séance, a précisé la députée. De son côté, Prisca Thévenot dit que son groupe "assume de vouloir faire avancer ce texte qui a été débattu et travaillé au Sénat et qui sera travaillé et débattu également en commission mixte paritaire pour enfin être voté". Avant d'ajouter : "Près de 20.000 fleuristes et boulangers ont signé une pétition pour demander à ouvrir enfin sans être sanctionnés."
Cette décision des macronistes a provoqué une levée de boucliers de tous les groupes de gauche. "Vous êtes en train de faire quelque chose de scandaleux, un 49.3 parlementaire, alors que tous les syndicats sont opposés à ce texte", a réagi dans l'hémicycle la cheffe des députés LFI Mathilde Panot.
"Nous assistons ici à (...) une négation du Parlement, parce que déposer des amendements, (...) se donner les moyens d'avoir un temps de débat approfondi sur une proposition de loi aussi inique que celle qui vise à supprimer le 1er mai, ce sont les droits du Parlement", a dénoncé le président du groupe communiste Stéphane Peu.
Pour l'Écologiste Cyrielle Chatelain, il s'agit là d'un "simple passage en force". Mais ce dernier n'empêchera pas la réunion de la commission mixte paritaire dans les tout prochains jours.