Loi d'urgence agricole : la ministre de la Transition écologique Monique Barbut présentera sa démission d'ici le Conseil des ministres de mercredi

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Europe 1 avec AFP
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Loi d'urgence agricole : Monique Barbut présentera sa démission d'ici le Conseil des ministres de mercredi [Carine Schmitt / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

La ministre de la Transition écologique Monique Barbut présentera sa démission à Emmanuel Macron d'ici le Conseil des ministres prévu mercredi matin, après l'adoption définitive par le Parlement d'une mesure controversée sur les pesticides à laquelle elle s'opposait, a fait savoir mardi son entourage.

"Dans ma tête je n'ai pas d'autre option que de remettre ma démission. Soit vous êtes ministre, soit vous n'êtes pas ministre. Aujourd'hui, dans ma tête, je suis partie demain", a dit Monique Barbut en petit comité après le vote de la loi d'urgence agricole qui inclut une réintroduction, à titre dérogatoire, de certains pesticides autorisés dans l'UE mais interdits en France.

Souveraineté alimentaire, gestion de l'eau, élevage et pesticides... Le projet balaie de nombreux sujets à travers près de 70 articles. Il va "apporter des solutions concrètes, visibles, tangibles aux difficultés du quotidien de nos agriculteurs", s'est félicitée à la chambre haute la ministre de l'Agriculture Annie Genevard (LR).

"Si ma démission est refusée, ça dépend..."

Tout le contraire de sa collègue de la Transition écologique Monique Barbut, qui va présenter sa démission d'ici le Conseil des ministres de mercredi, selon son entourage. "Si ma démission est acceptée, je pars. Si ma démission est refusée, ça dépend de ce qui est dit et de comment c'est dit demain", a-t-elle ainsi déclaré.

Issue de la société civile, Monique Barbut est notamment opposée à des mesures du texte sur l'eau, et surtout à la réintroduction, à titre dérogatoire, de certains pesticides autorisés dans l'UE mais interdits en France.

Un an après la forte mobilisation citoyenne contre la loi Duplomb, qui prévoyait le retour de l'acétamipride avant une censure du Conseil constitutionnel, la résurgence de cette option sème toujours la controverse. 

"Le Premier ministre n'assume pas"

"Les députés sont ulcérés", dit un cadre de ce groupe parlementaire présidé par Gabriel Attal, fustigeant un "silence radio" du Premier ministre. "Le Premier ministre n'assume pas. Il vient d'imposer la réintroduction de deux pesticides cancérigènes, dénoncés par les sociétés savantes, les médecins et plus de 2 millions de citoyens. La honte", a réagi le coordinateur de La France insoumise Manuel Bompard sur X.

"Le Gouvernement et les parlementaires ont déroulé le tapis rouge à la demande de la FNSEA", a réagi après le vote du Sénat l'ONG Générations futures. À l'inverse, la FNSEA a salué "un tournant majeur" avec l'adoption du texte et "une prise de conscience de la situation critique que traverse aujourd'hui la Ferme France".

Les filières noisettes, cerises et pommes, destinataires des pesticides en question, ont estimé que l'accès à ces produits "permettra d'attendre sereinement l'arrivée des solutions alternatives".