À deux mois des municipales, le patron des députés LR s’est agacé de la circulaire envoyée par le ministre de l'Intérieur aux préfets. 4:53
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Romain David , modifié à
Christian Jacob, le président des Républicains, a estimé dimanche dans "Le Grand Rendez-vous" sur Europe 1, que l’exécutif faisait primer l’intérêt partisan en voulant relever le seuil du "nuançage" politique lors des municipales de mars prochain. 
INTERVIEW

C’est une circulaire qui ne passe pas. Le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, demande aux préfets, pour les prochaines municipales, de ne plus attribuer de couleur politique aux candidats des communes de moins de 9.000 habitants. Ce "nuançage" permet d'offrir une lecture politique des résultats du scrutin à l’échelle nationale, en rangeant les candidats, qu'ils soient investi par un parti ou sans étiquette, sous une nuance politique, telle que "divers droite", "divers gauche", etc. Si certains petits élus ont pu se défendre de correspondre à l'étiquette qui leur avait été accolée par l'administration, les oppositions considèrent que relever le seuil du "nuançage" viendrait artificiellement gonfler les résultats de la majorité LREM, encore peu implantée localement, face aux vieux partis de gouvernement. 

"Se concentrer sur la France des villes"

"C’est un changement de règle on ne peut plus choquant", s’est indigné au micro du Grand Rendez-vous, sur Europe 1, Christian Jacob, le président des Républicains. Pour lui, relever le seuil du "nuançage" pourrait donner un avantage sensible à la majorité, en faisant disparaître des résultats officiels les plus petites circonscriptions, généralement situées dans des territoires ruraux, où l’on sait La République en marche peu présente. "Changer les règles d’évaluation des résultats deux mois avant les municipales, c’est, encore une fois, se concentrer sur la France des villes", s’agace le député de Seine-et-Marne. "Seule la France des villes présente un intérêt pour le président de la République, en dessous ça n’a pas d’importance, on ne veut pas y regarder de trop prêt."

Un problème d'étiquette

Autre point de crispation : la création de l’étiquette "divers centre", qui pourra être attribuée à des candidats soutenus par LREM, sans en avoir reçu l’investiture. Ainsi, dans le cadre d’une alliance locale, si un candidat appartenant, par exemple, au Parti socialiste ou aux Républicains se voit soutenu par le parti fondé par Emmanuel Macron, ses résultats pourraient être comptabilisés dans la même catégorie que ceux de la majorité présidentielle. "Dès que le maire élu d’une commune aura reçu le soutien LREM, il sera automatiquement classé divers-centre", dénonce Christian Jacob, qui a l’intention de déposer un recours contre cette circulaire.

"Monsieur Castaner choisit l’intérêt partisan, c’est-à-dire celui de la République en marche, au détriment de l’intérêt général", tacle encore le député. "Quel problème ça pose d’avoir un éclairage sur les choix politiques de nos concitoyens, sur l’ensemble des territoires de France ?"