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Le maire de Marseille juge que les casseurs sont «plutôt restés tranquilles» dans sa ville ce dimanche

[Benjamin Vodant / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Ce samedi, près de 30.000 pilleurs étaient présents à Marseille en marge des manifestations contre la vie chère. Ce dimanche, Benoît Payan, le maire de la ville, a déclaré que les casseurs sont "restés tranquilles". 

Le maire de Marseille, Benoît Payan, a jugé dimanche soir que "les casseurs sont plutôt restés tranquilles" dans sa ville samedi, en mettant en doute le chiffre spectaculaire de 30.000 pilleurs avancé par la préfecture de police des Bouches-du-Rhône.

Vent debout sur le manque d'effectifs policiers dans sa ville lors de la manifestation de samedi, durant laquelle des individus ont pénétré dans la mairie et attaqué le commissariat central de la police municipale, Benoît Payan a souligné que "les forces de l'ordre, ce n'est pas de la chair à canon, et les lycéens non plus".

Parmi les pilleurs, se trouvaient 8.000 "émeutiers"

"Les forces de l'ordre en sous-nombre, en sous-effectifs, c'est les mettre en danger, c'est mettre en danger les lycéens. Par contre, les casseurs, eux, sont plutôt restés tranquilles. C'est pour ça que, malheureusement pour l'Etat, tout ça est archivé dans des vidéos à Marseille", a-t-il déclaré, à la veille de la visite à Marseille du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez.

"Je respecterai la loi, je n'ai pas le droit de les diffuser. Mais s'il y a une commission d'enquête parlementaire, je les donnerai", a-t-il lancé sans autre précision. "J'ai cru entendre un chiffre farfelu de 30.000 casseurs et de 30 commerces cassés à Marseille. Ça voudrait dire quoi? 1.000 casseurs par commerce ? Mais on est où, là ? Dans un cirque ? La République, c'est pas ça", a-t-il commenté.

Plus de 30.000 "pilleurs" ont été dénombrés samedi au plus fort des émeutes dans les rues de Marseille, a annoncé dimanche la préfecture de police des Bouches-du-Rhône sans encore quantifier le nombre de commerces vandalisés et pillés. Parmi les pilleurs, se trouvaient 8.000 "émeutiers", a ajouté la préfecture, en évoquant 99 gardes à vue liées directement aux émeutes, ainsi que 118 personnes blessées parmi les forces de l'ordre.

"Demain le ministre de l'Intérieur sera ici même dans ce bureau et je lui demanderai la vérité", a encore dit Benoît Payan, en fustigeant "des scènes d'une violence inqualifiable" et "des forces de l'ordre complètement dépassées".

"Je ne comprends pas comment en toute impunité des personnes ont pu pendant des heures massacrer ma ville (...) sous les yeux de personnes qui auraient dû intervenir, je veux savoir heure à heure quels ordres leur ont été donnés", a attaqué M. Payan, en promettant par ailleurs de demander à l'Etat de "passer à la caisse" pour indemniser les commerces.