Le coup de gueule d'Amélie de Montchalin contre Bridgestone, qui supprime 863 emplois

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Montchalin 3:15
Sur Europe 1, Amélie de Montchalin met en garde l'industriel japonais Bridgestone. © Europe 1
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Invitée d'Europe 1, mercredi soir, Amélie de Montchalin, s'est exprimée sur l'annonce de l'industriel Bridgestone, qui veut supprimer plus de 860 emplois. La ministre de la Transformation et de la Fonction publique estime que "la première des obligations de Bridgestone est de nous dire qu'elle a envie de se battre les emplois".
INTERVIEW

Que peut faire le gouvernement face au manufacturier japonais Bridgestone, qui a annoncé mercredi la fermeture à l'horizon 2021 de son usine de Béthune, dans le Pas-de-Calais ? Alors que 863 personnes pourraient perdre leur emploi, la ministre de la Transformation et de la Fonction publique, Amélie de Montchalin, s'est exprimée mercredi soir sur un dossier éminemment politique. "On ne peut pas être des résignés", affirme-t-elle sur Europe 1.

"Demander des comptes" à Bridgestone

Si elle concède que "la période est dure" en matière de préservation de l'appareil industriel français, Amélie de Montchalin estime qu'"on ne peut pas tolérer qu'une entreprise nous dise qu'elle ferme avant même d'avoir cherché des solutions". Dans cette situation, dit-elle, "on ne peut pas être des résignés".

"On va mettre l'entreprise devant ses responsabilités et on va lui demander des comptes", annonce la ministre, sans préciser les actions concrètes envisagées par le gouvernement. "On ne peut pas tolérer, dans notre pays, vu la conjoncture, vu les efforts de réindustrialisation, qu'un industriel ferme du jour au lendemain", insiste celle qui était auparavant secrétaire d'État aux Affaires européennes.

Le plan de relance à la rescousse ?

Au micro de Julian Bugier, Amélie de Montchalin considère que le plan de relance, qui comporte une enveloppe de 35 milliards d'euros pour l'industrie, pourrait être utilisé pour garantir l'avenir des salariés de Bridgestone à Béthune. "Ce ne sont pas des choses qui flottent en l'air mais des choses qui doivent être investies sur le terrain, là où les entreprises veulent se battre avec nous", estime-t-elle. "La première des obligations de Bridgestone, c'est de nous dire qu'elle a envie de se battre pour les emplois."

Interrogée sur une possible fin de non-recevoir de Bridgestone, la ministre rappelle que "la France dispose de recours, des procédures et de beaucoup de choses à faire" face au Japonais, qui promet des mesures d’accompagnement ou de reclassement pour les salariés. "Ceux qui ne se battent pas nous trouveront face à eux", prévient-elle enfin.