La volonté affichée de l'ambassadeur de France en Algérie de retrouver le niveau de visas délivrés avant la crise diplomatique suscite une vive polémique. La droite dénonce un renoncement face à Alger, tandis que le Quai d'Orsay assure qu'aucun objectif chiffré n'a été fixé.
L'ambassadeur de France en Algérie, Stéphane Romatet, affiche sa volonté de renouer une relation de confiance avec Alger. Dans un entretien accordé aux médias algériens, il évoque un retour au niveau de délivrance des visas d'avant la crise diplomatique de l'été 2024. Des déclarations qui ont immédiatement suscité de vives critiques de la droite française.
Un retour au niveau d'avant la crise ?
Dans cet entretien, Stéphane Romatet explique vouloir retrouver le volume de visas délivrés avant les tensions diplomatiques entre Paris et Alger, soit environ 250.000 visas par an accordés à des ressortissants algériens.
Cette perspective intervient alors que les relations entre les deux pays restent marquées par plusieurs dossiers sensibles.
La droite dénonce un renoncement
Bruno Retailleau est monté au créneau. L'ancien ministre de l'Intérieur estime que la France abandonnerait son principal levier de pression sans obtenir de contrepartie.
Il conditionne toute augmentation du nombre de visas à deux exigences : la réadmission par Alger de ses ressortissants visés par une obligation de quitter le territoire français (OQTF) et la libération du journaliste français Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison en Algérie.
Le sénateur reproche également à l'ambassadeur de ne pas avoir évoqué le sort du journaliste dans son entretien.
Jordan Bardella a, lui aussi, dénoncé une "capitulation du macronisme", tandis qu'Éric Ciotti a évoqué une "humiliation" et une "trahison".
Le Quai d'Orsay temporise
Face à la polémique, le ministère des Affaires étrangères a tenu à clarifier sa position. Le Quai d'Orsay affirme qu'aucun objectif chiffré de hausse des visas n'a été fixé. Il rappelle par ailleurs que le nombre de visas accordés aux ressortissants algériens a diminué de plus de 20 % en 2025, en raison de la réduction du dispositif consulaire français.
Le ministère assure également que la question des visas ne fait pas partie des discussions actuellement menées avec Alger.
Selon Paris, les échanges portent avant tout sur les questions de sécurité, de coopération judiciaire et d'exécution des obligations de quitter le territoire français (OQTF).
Cette mise au point contraste avec le volontarisme affiché par l'ambassadeur français dans son entretien à la presse algérienne.