Jean-Pierre Chevènement, bête noire des indépendantistes, en Corse avec Emmanuel Macron

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© JEFF PACHOUD / AFP
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L'ancien ministre de l'Intérieur accompagne Emmanuel Macron et Dominique Erignac, la veuve du préfet assassiné, en Corse mardi. 

Il est un invité de dernière minute, mais le symbole est fort. Jean-Pierre Chevènement accompagne Emmanuel Macron, mardi à Ajaccio pour commémorer l'assassinat du préfet Claude Erignac, il y a 20 ans. À l'époque, Jean-Pierre Chevènement était ministre de l'Intérieur, haï des indépendantistes corses.

"Invitation républicaine". L'ancien candidat à l'élection présidentielle sera donc aux côtés d'Emmanuel Macron et de Dominique Erignac, la veuve du préfet. Une "invitation républicaine", indique l'Elysée mardi matin. "Il ne faut pas y voir un message politique", a ajouté une source proche de la présidence. 

"Très mauvais signal". Chez les nationalistes en revanche, la présence de l'ancienne bête noire est une "provocation", murmurent-ils déjà. Le chef de l'exécutif corse, Gilles Simeoni a qualifié cette présence de "très mauvais signal". Jean-Pierre Chevènement "incarne quelqu'un qui a d'abord toujours refusé, de façon excessive, (...) la moindre avancée pour la Corse", a-t-il déclaré sur Public Sénat, "et surtout quelqu'un qui a installé le préfet Bonnet (...) qui s'est ensuite commis dans l'affaire des paillotes". Le préfet Bernard Bonnet avait été limogé et condamné pour avoir fait incendier clandestinement par des gendarmes, en 1999, une paillote illégalement construite sur une plage proche d'Ajaccio.

Invité de Patrick Cohen mardi matin sur Europe 1, Olivier Faure a réagi à la présence de l'ancien ministre de l'Intérieur. "Il n'est pas illogique, au moment où la veuve, pour la première fois se rendra en Corse, qu'il puisse être là parce que c'est un moment extrêmement fort, un coup de tonnerre", a-t-il expliqué avant d'ajouter : "On verra si sa présence a un sens pour Emmanuel Macron, qui n'est pas celui de l'hommage mais qui a un fond".

Europe 1
Par William Galibert, édité par A.H.