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Margaux Baralon , modifié à
Comment lutter contre le terrorisme islamiste ? La présidente d'Île-de-France, Valérie Pécresse, a proposé dimanche sur Europe 1 de reprendre une idée lancée par François Fillon pour la campagne de 2017 : utiliser l'incrimination d'"intelligence avec l'ennemi" pour poursuivre, notamment, les prédicateurs islamistes.

En matière de lutte contre le terrorisme islamiste, tous les courants politiques ont quelques antiennes. L'utilisation de l'incrimination d'"intelligence avec l'ennemi" pour poursuivre les prédicateurs islamistes est en passe d'en devenir une à droite. Cette idée avait été avancée par François Fillon lors de la campagne présidentielle de 2017. La voilà reprise par Valérie Pécresse, présidente ex-LR d'Île-de-France et candidate à la primaire de la droite en vue de 2022. Interrogée sur le sujet dimanche dans le "Grand Rendez-Vous" Europe 1 / CNews / Les Echos, cette dernière s'est expliquée.

Suspendre les prédicateurs et expulser les étrangers parmi eux

"Tous les prédicateurs qui dérapent sur les valeurs de la République et appellent à la haine de la France doivent être immédiatement suspendus", et les mosquées dans lesquelles ils officient fermées, développe Valérie Pécresse. "Et ceux qui sont étrangers doivent être expulsés pour menace à l'ordre public." Dans le viseur de la présidente d'Île-de-France : le salafisme, mais aussi d'autres mouvements qui n'ont pas signé la charte des principes des islams de France, ainsi que les Frères musulmans, "qui ont signé la charte mais ça ne veut pas dire que demain ils ne l'enfreindront pas".

Pour avoir des arguments juridiques contre ces prêches radicales, l'ancienne membre des Républicains suggère donc d'utiliser le "délit d'intelligence avec l'ennemi" et de "l'appliquer à des personnes suspectées de sympathie avec des mouvements terroristes, par exemple pour consultation habituelle de sites jihadistes".

Une idée contestée

"Je pense que la proposition de François Fillon de 2017 est toujours totalement pertinente", confirme-t-elle. "Cela permettrait de préventivement juger des personnes radicalisées, et pas seulement de les mettre sous surveillance." 

Cette idée, également soulevée à l'extrême droite par Marine Le Pen, est aujourd'hui contestée par des spécialistes du droit pénal, car elle ne respecterait pas l'esprit du texte, qui s'applique de façon plus stricte à des cas de trahison de l'Etat et d'espionnage (le terrorisme étant traité à part dans le code pénal). Il existe en revanche déjà, dans ce même code, un délit "d'association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes".