Hommage à Arnaud Beltrame : Macron exalte la nation et interpelle la jeunesse

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Emmanuel Macron
Emmanuel Macron a rendu hommage à Arnaud Beltrame, mercredi. © Philippe LOPEZ / AFP
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Le président a délivré mercredi un discours en hommage à Arnaud Beltrame sur le thème de "l'esprit français de résistance". Avant d'encourager la jeunesse à marcher dans les pas du colonel de gendarmerie.

La tonalité était connue depuis longtemps : solennité, évidemment, mais aussi appel à faire bloc en tant que nation. Emmanuel Macron a pris la parole un peu plus de 20 minutes, mercredi en fin de matinée, pour rendre un hommage national à Arnaud Beltrame, ce colonel de gendarmerie tué par Radouane Lakdim dans l'attaque terroriste de l'Aude. Un discours marqué par l'exaltation de "l'esprit français de résistance", mais aussi par un appel à la jeunesse pour qu'elle s'engage dans la voie du militaire, érigé en héros et en exemple.

"La grandeur" d'Arnaud Beltrame. Le président, resté en retrait ces derniers jours, était pressé par son opposition de droite mais aussi des voix isolées comme celle de Manuel Valls, d'apporter des réponses politiques au terrorisme. Celui qui s'est, jusqu'ici, toujours refusé à organiser une bataille idéologique contre l'islamisme, a une nouvelle fois préféré remettre ce débat à plus tard. Pour rester sur la thématique de la "nation rassemblée", dont Arnaud Beltrame incarnerait la quintessence. Saluant un gendarme "lucide, déterminé", dont "la grandeur a sidéré la France", Emmanuel Macron a également souligné la "grande force morale" de l'ancien saint-cyrien.

" Nous l'emporterons grâce au calme et à la résilience des Français, peuple rompu aux morsures de l'Histoire. "

Résistance. Mais il a tenu à rattacher cet exemple particulier à "quelque chose de plus élevé que lui-même", un "idéal" : "le service de la France". Invoquant les grandes figures de la Résistance, comme Jean Moulin et Pierre Brossolette, mais aussi le général de Gaulle et Philippe Kieffer, le chef de l'État est remonté jusqu'à Jeanne d'Arc pour inscrire le geste d'Arnaud Beltrame dans une tradition millénaire propre, selon lui, à la nation française. "Il s'agit-là d'une nouvelle épreuve", a-t-il déclaré. "Mais notre peuple en a surmonté beaucoup d'autres. C'est pourquoi il surmontera celle-ci aussi, sans faiblesse et sans emportement mais avec lucidité et méthode. Nous l'emporterons grâce au calme et à la résilience des Français, peuple rompu aux morsures de l'Histoire."

" L'absolu est là, devant nous. Il est dans le service, le don de soi, le secours porté aux autres qui fait grandir et avancer. "

"L'absolu est là, dans le don de soi". Surtout, Emmanuel Macron a clairement exprimé le souhait de voir cet "esprit français de résistance" se propager aux générations futures. Le président s'est directement adressé à "cette jeunesse de France qui redoute l'avenir et se désespère de trouver en notre temps l'absolu dont elle est avide". "L'absolu est là, devant nous. Mais il n'est pas dans l'errance fanatique où veulent vous entraîner les adeptes du néant, il n'est pas dans le relativisme morne que certains autres proposent. Il est dans le service, le don de soi, le secours porté aux autres qui fait grandir et avancer. Telle est la voie montrée par Arnaud Beltrame", et dans laquelle Emmanuel Macron a appelé les jeunes à s'engager.

Un discours qui a plu au général de gendarmerie Marc Watin-Augouard. "Nous avons besoin, dans un monde comme le nôtre, un monde déstructuré, d'avoir à nouveau du sens dans l'action", a souligné ce dernier sur Europe 1. "Nous avons besoin de ces héros."

"Hydre islamiste". Emmanuel Macron a enfin commencé à esquisser les contours d'une nouvelle communication sur le terrorisme. Fustigeant "l'hydre islamiste", le président a prévenu que le combat ne dépendait pas uniquement de la vigueur de Daech. Et que les difficultés de l'organisation au Moyen-Orient ne pouvaient laisser présager de la fin de la lutte contre le terrorisme. "Ce que nous combattons, c'est aussi cet islamisme souterrain, qui progresse par les réseaux sociaux et agit clandestinement sur des esprits faibles ou instables." Auquel la France doit opposer, selon lui, "cohésion" et "force d'âme".