Guy Verhofstadt
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Margaux Baralon
INTERVIEW - Invité sur Europe 1 mardi matin, Guy Verhofstadt, ancien Premier ministre belge aujourd'hui eurodéputé, plaide pour une meilleure coopération des services de renseignement des pays membres de l'Union européenne.
INTERVIEW

La Belgique serait-elle une plaque tournante du terrorisme ? Alors que, depuis quatre jours, Bruxelles est sous le coup d'une alerte antiterroriste et vit au ralenti, l'eurodéputé belge Guy Verhofstadt nie toute responsabilité de son gouvernement. Selon lui, la montée de la menace terroriste en Europe ne vient pas du laxisme des politiques belges, mais bien d'un manque de coopération au niveau européen.

Des informations mal transférées. "Il faut une capacité de renseignement au niveau européen", a martelé celui qui fut Premier ministre du Plat Pays de 1999 à 2008. Pour lui, chaque attentat terroriste, que ce soit dans le cas de Charlie Hebdo, de l'attaque du musée juif de Bruxelles ou de celle de Paris, "démontre que l'Allemagne, la France, la Belgique ou les Britanniques savent quelque chose, mais que les informations ne sont pas transférées vers les autres pays."

Entre souveraineté et sécurité, choisir sécurité. De tels cafouillages sont imputables, selon Guy Verhofstadt, aux Etats eux-mêmes qui freinent des quatre fers dès qu'il s'agit de partager les données de leurs services. C'est le cas, notamment, du "Passenger Name Record" (PNR), un fichier européen qui compile les données personnelles des voyageurs aériens. Si chaque pays y est favorable individuellement, "dès qu'on leur demande de transférer les données, ils n'en veulent pas", regrette Guy Verhofstadt. "Quand il y a un choix à faire en souveraineté et sécurité, il faut choisir la sécurité. C'est cela qui doit prévaloir."

Frappes coordonnées. Par ailleurs, l'ancien Premier ministre belge s'est dit favorable à une coordination de tous les Etats membres de l'Union européenne pour intervenir sur le terrain, en Syrie, et frapper militairement Daech.