"Fuites" dans l'affaire Maëlys : la polémique s'invite au Sénat

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Le sénateur LR Christian Cambon a pris position en faveur de la gendarmerie dans l’enquête sur les "fuites" dans l’affaire Maëlys, une position que ne partage par le socialiste Yannick Vaugrenard. 

Les "fuites" dans l’affaire Maëlys, qui ont considérablement tendu les relations entre la gendarmerie et la justice, s’invitent au Sénat. Le sénateur LR Christian Cambon a apporté mercredi son soutien aux forces de l’ordre, une opinion dont s’est désolidarisé son confrère socialiste Yannick Vaugrenard, comme le relaie le site internet de la chaîne Publicsénat. Le parquet de Grenoble a ouvert une enquête pour violation du secret de l’instruction, provoquant la colère du général Richard Lizurey, patron de la gendarmerie, mardi soir sur Europe 1.

"Nous voulons vous redire notre confiance et notre amitié". "Je voudrais vous faire preuve de notre sympathie dans la polémique extravagante qui vient d’éclater entre un procureur de la République de Grenoble et la gendarmerie, avec des déclarations assez surprenantes", a déclaré mercredi Christian Cambon (LR) en préambule de l’audition du général Lizurey au sujet du projet de loi de finances 2018.

"Nous voulons vous redire notre confiance et notre amitié. Ce genre de polémiques qui nourrit les réseaux et tous les gens qui s’expriment sur ce sujet et qui devraient tourner sept fois leurs langues avant de parler et moi personnellement m’a beaucoup surpris", a ajouté le président de la commission des Affaires étrangères et la Défense du Sénat.

"Ce n’est pas responsabilité de parlementaires de prendre position." Le soutien de Christian Cambon n’est cependant pas partagé par tous les sénateurs. "Le procureur de la République de Grenoble lance une enquête. Je considère que ce n’est pas notre responsabilité de parlementaires de prendre position. Il est urgent d’attendre. Je ne partage donc pas l’orientation prise par le président de notre commission", a répondu le sénateur socialiste Yannick Vaugrenard. "Pour autant, je soutiens complètement la gendarmerie dans l’ensemble de ses activités et je souhaite qu’elle soit écartée de toute suspicion", a poursuivi l’édile.

"Notre collègue me met en cause. Je suis attaché moi aussi au secret de l’instruction. Je pense que la médiatisation de ce genre d’interpellations n’est souhaitable ni pour le parquet, ni pour la gendarmerie. Si le procureur de la République a des accusations à porter, il sait à qui le faire", a répliqué à son tour Christian Cambon. Le procureur de la République de Grenoble, à l'origine de cette enquête, s'est dit excédé de "voir tous les jours dans la presse tous les détails de l'enquête, y compris ceux que le parquet ne connaît pas, des choses qui n'ont pas à être connues".

Europe 1
Par J.R.