Frédéric Lefebvre : "J'ai tout sacrifié à Sarkozy, passionnément, aveuglément, connement"

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De son passé de porte-flingue de Nicolas Sarkozy, Frédéric Lefebvre garde le souvenir d'une période exaltée, mais aussi très éprouvante.
INTERVIEW

Secrétaire d'Etat sous la présidence Sarkozy et ancien porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre était alors considéré comme le porte-flingue de l'ex-président. La période lui a laissé quelques séquelles, entre admiration et coups durs. L'homme politique, qui a lancé le mouvement de droite Macron-compatible "Agir", fin 2017, et qui sort le livre Chaos, s'en est ouvert sur Europe 1 dimanche, dans l'émission Ceci dit.

"Passionnément, aveuglément, connement". Dans son ouvrage, l'ancien secrétaire d'Etat se confie, estimant avoir, il y a quelques années, "perdu le sens de la réalité dans le sillage d'un Sarkozy survolté". Au micro d'Europe 1, l'homme précise : "Je m'y suis jeté à corps perdu et ça a été très douloureux pour moi quand je me suis retourné et que j'ai vu les dégâts que je faisais auprès de mes proches." Il ajoute s'être senti dans une sorte de conquête pour laquelle il fonçait, comme pour réaliser un exploit sportif. Frédéric Lefebvre l'a d'ailleurs résumé dans son livre : "Mener Nicolas Sarkozy à l'Elysée était devenu l'objectif de ma vie. Je lui ai tout sacrifié, passionnément, aveuglément, connement."

Entendu sur europe1 :
Il n'y a plus de portrait de Sarkozy chez moi

Sarkozy "hypermnesique". Si Frédéric Lefebvre semble regretter sa trop lourde implication personnelle - voire émotionnelle -, il n'en garde pas moins une certaine admiration pour le personnage. Il loue notamment le côté hypermnesique (capacité de se souvenir de tout) de l'ancien président. "Ça fascine d'ailleurs des critiques littéraires, parce qu'il connaît toute la littérature du XIXe siècle", souligne l'ex-secrétaire d'Etat qui avait, lui, confondu la marque Zadig et Voltaire et Zadig de Voltaire. "Il poursuit : "c'était la même chose sur le cyclisme, sur le foot, le tennis... C'est ça Nicolas Sarkozy."

"Bien morflé". De ce mélange à la fois grisant et difficile à vivre, Frédéric Lefebvre estime "quand même avoir bien morflé. Bien sûr que c'est incroyable, mais j'ai tutoyé la mort à cause de ça. Après sept embolies pulmonaires et un infarctus pulmonaire, quand vous sauvegardez la vie, vous vous dîtes que c'est la seule chose importante."

Résultat, alors qu'en 2009, il avait ses idoles Gainsbourg et Sarkozy affichées dans son bureau, la décoration a désormais bien changé. "Il y a quelques souvenirs, mais il n'y a plus de portrait de Sarkozy chez moi. Mais il y en a encore de Gainsbourg."

Pourquoi Sarkozy s'est mis au cigare

Quand il était ministre du gouvernement d'Edouard Balladur, Nicolas Sarkozy avait décidé "de mettre toute son énergie pour convaincre Edouard Balladur d'être candidat à la présidentielle contre Chirac", raconte Frédéric Lefebvre. "Pour passer du temps avec Balladur", qui n'était pas sûr de devoir se présenter, Sarkozy "s'est mis à fumer le Havane simplement parce qu'Edouard Balladur fumait le Havane. Ça permet de passer quelque temps, un cigare !", glisse l'ex secrétaire d'Etat.