Face à la polémique, François de Rugy de plus en plus isolé : "S’il y a des nouveaux éléments, ça va être compliqué de le sauver"

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François de Rugy 1280
© GEORGES GOBET / AFP
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Au sein de la majorité et de l'exécutif, les voix qui prennent la défense du ministre de la Transition écologique, épinglé pour une série de dîners fastueux donnés aux frais du contribuable entre 2017 et 2018, se font rares.

Si François de Rugy, englué dans la polémique autour de ses dîners à l'hôtel de Lassay, est toujours ministre, ses soutiens se font de plus en plus rares. Vendredi, sa directrice de cabinet, qu'il a limogée après des révélations de Mediapart sur l’occupation d’un HLM dans la capitale alors qu’elle n'y vivait plus, s'en est prise à lui avec véhémence. "Il a voulu sauver sa tête en offrant la mienne", accuse-t-elle dans Ouest-France.

Au sein de la majorité, beaucoup se demandent désormais combien de temps la crise va durer. Une députée pose le problème ainsi : "Soit ça dégonfle en 48 heures, soit il y a des nouveaux éléments et ça va être compliqué de le sauver." Il faut dire qu'au gouvernement, les collègues de François de Rugy ne semblent guère vouloir monter au front. Entre Gabriel Attal qui lâche "ça fout un peu les boules" ou Jacqueline Gourault qui explique payer de sa poche ses déjeuners, le ministre de la Transition écologique apparaît bien seul pour se défendre.

"Ne pas céder dans la précipitation"

Il s’y est employé dans une interview sur BFM TV vendredi, dans laquelle il est apparu très ému et que Matignon a trouvée "très sincère". Ce qui n'a pas empêché Edouard Philippe de demander une inspection du logement de fonction de François de Rugy, dans lequel des travaux à hauteur de 63.000 euros auraient été faits, également selon Mediapart. Une démarche justifiée par un proche du chef de l'Etat pour "ne pas céder dans la précipitation". L'inspection de l'appartement rénové prendra une semaine indiquent les services du Premier ministre.

 

L'Assemblée nationale veut aussi aller vite sur les fastueux dîners que François de Rugy a donnés lorsqu'il était président de l'Assemblée nationale, entre 2017 et 2018, et auxquels ont été conviés nombre de ses intimes. "S'il doit rembourser un truc, je ne vois pas comment il reste", confie un conseiller ministériel, estimant qu'il faudra "clarifier ce qui est acceptable ou pas". L'inquiétude est en tout cas palpable avec la réforme des retraites présentée jeudi : "C'est dangereux, s'inquiète un autre conseiller, le homard est crisogène [sic] après les ‘gilets jaunes’."

Europe 1
Par Aurélie Herbemont, édité par Romain David