Marine Le Pen rejoint le leader insoumis et estime qu'il est impossible de régler la situation avec une seule réforme. "Il y aura un plan de relance massif et un plan d'économies massif", lance-t-elle. Édouard Philippe, de son côté, estime que le budget 2027 "ne sera pas bon" et affirme qu'il commencera par "remettre de la cohérence dans le dispositif budgétaire".
Bruno Retailleau est le dernier à prendre la parole. S'il arrive à l'Élysée, il annonce non pas une, mais trois mesures. "Je mettrai fin au système qui surtaxe le travail", affirme-t-il, évoquant également un "double choc fiscal et réglementaire". "Je vous rendrai la liberté de choisir", conclut-il en s'adressant aux chefs d'entreprise.
Au tour de Marine Tondelier. La patronne des Écologistes veut augmenter le Smic à 2.000 euros brut et, en échange, elle promet un grand plan d’aide pour les TPE et les PME, car "ce n’est pas juste pour ces entreprises qui sont souvent les moins bien loties". Gabriel Attal énumère ce qu'il a retenu lors de ce débat. "Beaucoup ont renoncé à un objectif de croissance. On doit toujours avoir en tête que notre objectif est de faire grandir le gâteau", explique-t-il.
Jean-Luc Mélenchon estime qu’il est impossible de régler les traumatismes économiques de la France avec une seule réforme. Il défend la mise en place d'"une politique globale" pour redresser la situation économique, plutôt qu’une mesure isolée.
L'heure est à la fin du débat. Chaque candidat doit répondre en une minute sur la première réforme que les prétendants mettraient en palce à l'Élysée s'ils sont élus pour répondre aux tourments économiques du pays. Raphaël Glucksmann ouvre le bal. "Il n'y aura pas une mesure, car une mesure ne suffira pas à redresser le pays", assure-t-il.
Il veut mettre en place son contrat patriotique, fondé sur la révolution écologique, la transformation de la société en une société de travailleurs et la révolution technologique. "J'irai au rapport de force avec mes collègues européens, pour vous protéger et pour faire en sorte que vous ne soyez pas sacrifiés", explique-t-il, affirmant vouloir protéger les filières.
Marine Le Pen réagit aux propos de Bruno Retailleau et assure qu'elle va supprimer "des milliers de surnormes, puisqu'à chaque fois que l'Union européenne impose une norme minimale, nous on fait mieux, on veut être le premier élève de la classe". Ces normes "coûtent de l'argent", ajoute-t-elle. Raphaël Glucksmann, qui se demande "à quoi la norme sert", ne souhaite pas une "multiplication des interlocuteurs sur un projet".
Jean-Luc Mélenchon, tentant de "suivre le cours rationnel" de la discussion, redit son opposition à la TVA sociale, défendue par Patrick Martin, président du Medef, et s'oppose à la suppression des normes alors que Bruno Retailleau soutient la "suppression d'une centaine de normes des plus stupides". "Je veux qu'on soit dans une société qui entreprenne, une société de l'audace", ajoute-t-il.
"L'Etat doit simplifier", souligne Marine Tondelier face à la question de Colombe Lecoufle. Elle estime que "l'Etat ne devrait pas vous demander une information qu'il a déjà". Interrogée sur les normes auxquelles sont soumises les entreprises françaises, Marine Tondelier propose "une règle simple" : empêcher l’État de demander aux entreprises "une information qu’il a déjà".
Gabriel Attal s'en prend à la cheffe des Ecologistes et s'écharppent sur la question du bilan écologique du chef de Renaissance. "Arrêtez d'expliquer que vous défendez des dispositifs pour lesquels vous avez voté contre", lance-t-il.
Désormais, c'est au tour de Colombe Lecoufle, dirigeante d'une entreprise familiale nommée Orchidées Vacherot et Lecoufle, de poser une question à propos de la simplification de la lecture de la fiche de paie. "Ce sujet revient chaque mois sur la table et, sachant que je ne peux pas l'expliquer à mes collaborateurs, cela crée une tension sociale", explique-t-elle.
Marine Le Pen juge que les salaires sont "trop bas" et que le coût du travail est "trop lourd" en France. "Aujourd'hui, dans la situation budgétaire dans laquelle nous sommes, nous ne pouvons pas baisser le coût du travail au-dessus de ce qui a été fait", ajoute-t-elle.
La candidat RN assure qu'il est possible d'agir dans l'immédiat en baissant sur "les dépenses contraintes qui ont considérablement augmenté depuis les dix dernières années, et notamment le coût de l’énergie". Elle promet notamment une baisse de TVA à 5,5% dans ce domaine.
Pour Bruno Retailleau, il point "un système qui surtaxe le travail et encourage trop l'assistanat". "J'assume de plafonner à 70 % le total des prestations des aides sociales servies aux Français. Demain, je ne veux pas qu'il y ait aussi peu de différence entre ceux qui se lèvent tôt (...) et ceux qui ne travaillent pas", assume-t-il.
Marine Tondelier rétorque est "extrêmement choquée" par les propos de Bruno Retailleau qui sont "stigmantisants". Sur la question du coût du travail, Marine Tondelier rappelle qu'il s'agit avant tout "du revenu pour les Français, c'est leur pouvoir d'achat", et pas seulement "un coût pour les entreprises". Elle souligne également la persistance du phénomène des travailleurs pauvres. Les Écologistes défendront ainsi un Smic à 2.000 euros brut, affirme-t-elle.
Edouard Philippe, quant à lui, estime que la "période est très inquiétante" concernant la question du coût du travail. "Tous ceux qui sont en dessous du salaire médian n'ont aucune perspective d'ascension économique et sociale", affirme-t-il. Il propose de Il propose "de rapprocher le brut du net" et de "trouver collectivement le système qui permet de contenir la hausse des dépenses sociales".
De son côté, Raphaël Glucksmann a affirmé que le travail ne permet plus de gagner sa vie et propose de taxer les grands héritiers. "Il faut impérativement que les travailleurs puissent améliorer leur vie par le travail", affirme-t-il.
Vincent Furlan, fondateur de Feelinks, un cabinet de recrutement, pose la troisième question. Il interroge sur le coût du travail : "Quelles réductions financières exactes garantissez-vous sur ces charges ?"
Le premier a répondre est Gabriel Attal. "Le premier engagement que je prendrai, c'est de revenir sur ces hausses du coût du travail qui sont intervenues depuis 2024", affirme-t-il. Jean-Luc Mélenchon quand à lui promet d'augmenter le Smic.
Marine Tondelier prend la Chine et les États-Unis en exemple, estimant que la France doit davantage investir dans les énergies renouvelables et la recherche. Elle dénonce une recherche et développement "méthodiquement attaquée en France" et plaide pour un renforcement du "système public" de recherche et développement (R&D), ainsi que pour une mobilisation accrue de "la commande publique".
Après la prise de parole d'Edouard Philippe, Raphaël Glucksmann rétorque et affirme que la concurrence intra-européenne est l'un des dangers pour l'économie française. Selon lui, les chefs d'entreprises "ne parlent que de la Chine". "On n'arrivera pas à réindustrialiser si on ne fait pas des choix", poursuit-il, estimant que l'Europe est en train de devenir "l'empire Ottoman du XXe siècle".
Après une touche d'humour, Edouard Philippe revient au débat. Il estime que la compétitivité est essentielle. Il appelle à régler la question de la dette et de la souveraineté pour y parvenir, mais insiste également sur la nécessité de " produire de la stabilité". Il dit vouloir enfin développer la "formation, l'apprentissage" et "les infrastructures" dans ce but.
"C'est un débat présidentiel, François Hollande n'est pas là, pourtant il pleut." Édouard Philippe s'amuse alors que des trombes d'eau s'abattent sur le toit du court Philippe Chatrier. "Je suis là, il y aura le soleil bientôt", a rétorqué avec le sourire Jean-Luc Mélenchon.
Jean-Luc Mélenchon évoque plusieurs secteurs susceptibles de soutenir la réindustrialisation, comme l'industrie textile, la filière bois ou encore "l'industrie de la mer". Pour développer ces activités, il insiste sur la nécessité de mettre en place une "planification, notamment économique".
Bruno Retailleau répond à son tour. Il propose de lier l'âge de départ à la retraite "à l'espérance de vie". Il a d'ailleurs affirmé qu'il présenterait son projet de réforme des retraites "dans quelques jours".
Une seconde question est posée par Julie Neuville, présidente de Materrup, qui produit des bétons bas carbone. Elle demande "quelles réformes concrètes vous pouvez proposer pour nous permettre de construire des usines vertes qui nous permettront de réindustrialiser nos territoires ?"
Marine Le Pen a affirmé qu'elle supprimerait les impôts de production en cas de victoire à la présidentielle. "Il faut agir sur la commande publique, il faut qu’elle soit fléchée vers les entreprises présentes territorialement en France", ajoute-t-elle.
"Vous avez raison de lier la dette et la retraite, car on n'arrivera pas à régler le problème de la dette sans mettre plus de travail dans l'économie", déplore pour sa part Bruno Retailleau, en répondant à la question d'Eric Malenfer, président du groupe Gexpertise. Il souligne par ailleurs la nécessité que "le travail paye plus".
Marine Tondelier souhaite abroger la réforme des retraites. "Elle est passée de manière illégitime", a-t-elle revendiqué. La patronne des Ecolos s'est ensuite indignée des propositions de certains candidats. "Je trouve ça facile de balancer à la cantonnade : assurance-chômage, dépenses sociales... (...) On n'a jamais été aussi proche d'une rupture du pacte social. Les gens voient les injustices", s'insurge-t-elle.
Gabriel Attal souhaite, s'il atteint les couloirs de l'Elysée, fixer un calendrier : revenir sous les 3% de déficit en 2032 et à l'équilibre en 2037. Marine Tondelier, quant à elle, rappelle que l'organisation patronale a estimé, dans un rapport, "que la France ne pourrait pas tourner en 2050 sans trois millions de travailleurs étrangers".
"Le premier qui doit réduire son train de vie, c'est l'État", affirme Marine Le Pen. Selon la candidate RN explique qu'il y a de nombreuses autres économies à faire : "l'Union européenne, l'immigration, de nombreux instituts obscurs". Raphaël Glucksmann répond à Marine Le Pen et lui reproche de porter une "idéologie antieuropéenne". Interrogé à son tour sur la dette et les retraites, il confirme qu'il abrogerait la réforme des retraites de 2023 s'il parvenait à l'Élysée.
Pour Jean-Luc Mélenchon, il défend l'idée qu'il n'y ait "plus aucune aide" faite aux entreprises "sans contrepartie" et propose d'annuler une partie de la dette de la France auprès de la BCE. "Je pense que ce que vous venez de dire, monsieur Mélenchon, est extrêmement dangereux", répond Edouard Philippe.
Gabriel Attal, patron de Renaissance, quant à lui, commence par évoquer "des réussites ces dernières années", en évoquant la baisse du chômage, l'apprentissage et le retour des investissements étrangers. Marine Tondelier, des Ecologistes, ferme le bal des propos introductifs. Elle a dénoncé un "déni écologique" de la part de certains entrepreneurs.
Jean-Luc Mélenchon alerte, lui, sur les "chocs à venir de l'économie-monde". Le leader de La France insoumise met notamment en garde contre une possible "crise financière" et le "basculement du monde vers l'Asie chinoise", face à une concurrence croissante de l'industrie chinoise.
Marine Le Pen appelle, dans son propos introductif, "à l'union des salariés et des entrepreneurs pour opérer la renaissance de la France".
Le second a passé est Raphaël Glucksmann, de Place publique. Il souligne l'importance du thème choisi par le Medef : "le courage". "C'est ce qui manque aux dirigeants français et européens depuis trop longtemps", explique-t-il. S'en suit d'Edouard Philippe, qu'il alerte que l'Etat doit avoir des "comptes en ordre", "sans augmenter les impôts mais en acceptant de travailler plus".
Les sept candidats à l'élection présidentielle sont face aux entrepreneurs pour débattre à Roland-Garros. A tour de rôle, ils ont deux minutes pour s'exprimer et s'introduire. L'ordre de passage a été défini par un système de tirage au sort. Le patron des Républicains, Bruno Retailleau, ouvre le bal et souligne les problèmes rencontrés par les entreprises françaises.
Les candidats seront largement interrogés sur leur programme économique. Il sera question de dépense publique, de dette mais aussi de réindustrialisation, de fiscalité.
Bienvenue sur ce direct consacré au premier débat de la campagne présidentielle pour 2027. Sept candidats - Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Gabriel Attal, Edouard Philippe, Raphaël Gluscksmann, Bruno Retailleau et Marine Tondelier - échangeront face à des patrons français lors de la rencontre des entrepreneurs de France organisée au stade Roland-Garros à Paris.