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En directNicolas Sarkozy : suivez l'interview exceptionnelle de l'ancien président de la République dans «L'Heure des Pros»

[© Europe 1]
L'ancien président Nicolas Sarkozy est l'invité exceptionnel de Pascal Praud ce vendredi matin dans "L'Heure des pros". Il s'exprimera notamment sur la visite du pape en France. Le souverain pontife est attendu à l'aéroport d'Orly aux alentours de 10h.
"Ecouter quand on a tellement parlé comme moi, c'est nécessaire", dévoile Nicolas Sarkozy

"Un jour on m'a demandé quelle était la personne que je souhaitais le plus rencontrer au monde. On m'a donné cinq possibilités de choix. J'ai répondu : "Mais je n'ai pas besoin de cinq choix". Pour moi, je veux rencontrer, si vous me donnez cette chance, la personne la plus importante depuis que les premiers hominidés sont arrivés sur Terre il y a trois millions d'années : c'est Jésus. Mais je n'aurais rien à lui dire. Juste, je l'écouterais. Et écouter quand on a tellement parlé comme moi, c'est nécessaire", a confié Nicolas Sarkozy.

"La France a besoin d'être incarnée fortement", appelle Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy a évoqué l'élection présidentielle de 2027. "La France, comme toute société, est verticale. Et contrairement à ce que disent les réseaux, je ne crois pas à l'horizontalité. Je ne connais pas de famille, d'entreprise, d'association, de pays, de communes. Je crois à la différence davantage qu'au nivellement. Donc, la verticalité. La France a besoin d'être incarnée fortement", a expliqué l'ancien président de la République.

"C'est vrai dans toute l'histoire de France où il y a des grands rois, des grands présidents et d'autres. normaux. Dans mon esprit, la normalité n'est pas forcément une qualité. Deuxième chose, je trouve qu'il y a une grande vulgarité à critiquer ses successeurs. J'ai suffisamment été dans le combat. Je sais que c'est difficile. Au fond de moi, je sais ce que je pense et je vois les choses. Et troisièmement, il viendra un moment où la situation peut être si difficile, si douloureuse, qu'il faudra qu'il y ait des gens qui parlent à tout le monde", a-t-il conclut.

"Je suis pour une laïcité positive", explique Nicolas Sarkozy

"La laïcité, c'est très important. Je suis profondément républicain. La laïcité, c'est le respect de ceux qui ne pensent pas comme moi. C'est une évidence", a évoqué Nicolas Sarkozy. 

"Mais est-ce qu'on se souvient de l'histoire de France ? Bien sûr, il y a eu la guerre de religion, qui était un drame. Mais il y a aussi cette époque. Pourquoi le général de Gaulle fait-il ses études en Belgique ? Parce qu'au nom de la laïcité, on ferme tout, les établissements scolaires catholiques. Il y a des maires de la région parisienne, à la fin du XIXe siècle, qui avaient pris des arrêtés pour empêcher les prêtres de traverser leur commune avec une soutane", a-t-il rappelé. 

"Je suis pour une laïcité positive, c'est-à-dire une laïcité qui accueille. Les catholiques, les croyants sont des gens qui espèrent. On croit l'espérance, est-il le contraire de la République ? La République organise la vie et les religions donnent un sens à la vie. C'est complémentaire, ce n'est pas opposé", souligne Nicolas Sarkozy.

"Bruno Retailleau a raison, on ne coupe pas un pays de ses racines", assure Nicolas Sarkozy

"Nous avons des racines chrétiennes, judéo-chrétiennes. Nous avons des influences multiples. Le premier chef d'État, en quelque sorte, chrétien, c'est Clovis. Je pense que Bruno Retailleau a raison pour le coup. On ne coupe pas un pays de ses racines. La chrétienté a amené une grande civilisation", a défendu Nicolas Sarkozy. 

"L'homme, au sens de l'être humain, a besoin d'une espérance qui le dépasse", souligne Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy a évoqué l'absence de la religion dans les idéologies du XXe siècle : "On peut espérer sans Dieu, bien sûr. Mais tout le XXe siècle, c'était le siècle des idéologies sans Dieu. Le communisme et le nazisme. D'après vous, c'est un succès ? L'homme, au sens de l'être humain, a besoin d'une espérance qui le dépasse. Nous ne sommes pas le début et la fin". 

"Lorsqu'on s'assied au bord de la Lune et qu'on essaie de réfléchir, est-ce que nos vies ont un sens ? Est-ce qu'il y a une cohérence à tout cela ? Est-ce que la transcendance, ça compte ? Oui, ça compte, c'est indispensable. Chaque fois que l'homme a voulu faire sans Dieu ou sans l'idée d'un Dieu, ça a été une catastrophe, une monstruosité. Le communisme a été une monstruosité. Le nazisme a été une monstruosité. C'est pourquoi le besoin de transcendance dépasse les époques", assure-t-il.

" 21 siècles après, l'Église parle encore à près de 2 milliards d'habitants sur la planète", rappelle Nicolas Sarkozy

Invité exceptionnelle de "L'Heure des Pros", Nicolas Sarkozy a livré son regard sur l'Eglise et la figure de Léon XIV. "Le pape, c'est comme un miracle. Il y a moins de 180 cardinaux. Il n'y a pas une femme, donc il n'y a pas de parité. Il n'y en a pas un qui est connu. Il n'y a aucune transparence, vous ne connaissez même pas le nombre de voix. C'est le contraire de ce qu'on appelle la modernité. Pas de transparence, pas de parité, pas de médiatisation. A l'instant où le nouveau pape sort, apparaît au balcon, il est une voix qui compte sur la scène internationale", a détaillé l'ex-chef de l'Etat. 

"Il y a un deuxième miracle. Regardez l'Église. L'Église a résisté à tout, y compris aux Borgia, y compris à ses propres erreurs. Quelle est l'institution qui passe 21 siècles sans prendre une ride ? Vous en connaissez d'autres ? Tous les empires sont écroulés, toutes les civilisations ont disparu. L'Église a résisté, y compris à ses propres fautes, aux scandales sexuels très graves, aux papes dégénéré, aux schismes, aux époques, au modernisme. 21 siècles après, l'Église parle encore à près de 2 milliards d'habitants sur la planète.

«Sans l'aide du pape Benoît XVI, Florence Cassez n'aurait jamais été libérée», rappelle Nicolas Sarkozy

"Sans l'aide du pape Benoît XVI, Florence Cassez n'aurait jamais été libérée", a expliqué Nicolas Sarkozy. 

"Lorsque Florence Cassez était en prison, elle avait pris plus de 60 années d'emprisonnement. Elle était innocente. J'en ai parlé au pape Benoît XVI, que j'admirais, en qui j'avais confiance et que j'aimais beaucoup. Il ne m'a même pas demandé ce qu'elle avait fait. Je lui ai dis  : "c'est un scandale, un complot contre elle. Si vous dites au nonce apostolique, votre représentant au Mexique, de faire une enquête, ça nous aidera beaucoup". Il l'a fait. Un an après, on avait le résultat de l'enquête, et c'est comme ça qu'a commencé la libération de Florence Cassez", a-t-il détaillé. 

Nicolas Sarkozy évoque la loi sur la fin de vie

Nicolas Sarkozy est revenu sur la récente loi sur la fin de vie : "Je pensais que la loi Léonetti était bien suffisante. Profondément, je pense que devant des questions aussi complexes, on n'est pas obligé de légiférer dans le détail. Il faut en parler avec beaucoup de mesure et d'humanité. Il y a un moment où la vie n'est plus la vie, parce que la souffrance est trop grande. Ce moment, il appartient à trois personnes, aux malades qui souffrent, aux médecins qui soignent et à la famille qui aime". 

"Je ne suis pas persuadé qu'il soit utile de prendre un rendez-vous, comme on le fait dans d'autres pays, pour dire à telle heure, tel jour, je vais arrêter la vie. La vie est un mystère. Pour ceux qui croient, c'est un mystère divin. Pour ceux qui ne croient pas, c'est un mystère tout court, mais qui est au-dessus de l'homme, elle ne nous appartient pas. Donc pour moi, je me serais satisfait qu'on en reste à la loi Leonetti, qui était très bonne, mais ce n'est que mon avis. Et je ne veux pas de polémique sur le sujet", a souligné Nicolas Sarkozy.

«C'est un choix intime», Nicolas Sarkozy revient sur l'absence d'Emmanuel Macron à la messe du Pape Léon XIV

Nicolas Sarkozy est revenu sur la décision d'Emmanuel Macron de ne pas assister à la messe du Pape Léon XIV. 

"C'est son choix et c'est des choix intimes de chacun. Il avait fait un autre choix pour le pape François à Marseille. Certains disent au nom de la laïcité on ne doit pas y aller, ça n'a aucun sens. La laïcité ce n'est pas une interdiction, la laïcité c'est un droit. Le droit de croire ou de ne pas croire, le droit de pratiquer ou de ne pas pratiquer, le droit de transmettre à ses enfants ou de ne pas transmettre à ses enfants", a souligné l'ancien président de la République. 

"Je ne commande pas le choix du président de la République, c'est un choix très personnel. Mais vous me posez la question, si j'avais été président de la République, oui j'aurais été à cette messe", a-t-il conclut.

Bonjour à toutes et à tous

Bienvenue dans ce direct consacré à l'interview exceptionnelle, dans "L'Heure des Pros", de Nicolas Sarkozy, ancien président de la République.