L'interview du président de la République est désormais terminée.
Emmanuel Macron a longuement évoqué la menace russe qui frappe en France, ainsi que les possibilités d'action de l'État français pour résoudre la guerre au Moyen-Orient.
Par la même, il a évoqué la crise des carburants et souhaite régler la question diplomatique afin de faire baisser les prix.
Enfin, il a jugé "responsable" la proposition budgétaire de Sébastien Lecornu de faire 54 milliards d'euros d'économies pour réduire le déficit public.
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En conclusion de cette longue interview, le chef de l'État a été interrogé sur l'élection présidentielle de 2027. Si Emmanuel Macron dit "regarder" certains sondages, il a également assuré que son devoir était "d'agir d'abord" et "d'éclairer les Français et les forces politiques".
"On verra le chemin, je ne vais pas dire ce que je vais faire sur ce sujet parce que nous ne sommes pas dans la dernière ligne droite. Je ferai en responsabilité en fonction de l'évolution de notre situation géopolitique, financière et politique, ce que je dois faire. La situation est grave. Il y a la guerre en Europe, il y a la guerre au Proche-Orient et on en paye les conséquences. Mon premier devoir, c'est d'agir, pas d'être engagé dans le débat politique", a-t-il conclu.
"Cela ne serait pas bon pour le pays" : Emmanuel Macron a écarté une nouvelle dissolution de l'Assemblée nationale, une hypothèse qui circulait ces derniers jours, en appelant "les forces politiques" à "l'esprit de responsabilité" avant l'examen des textes budgétaires.
"Je pense que ce serait mauvais aujourd'hui de faire une dissolution parce qu'aujourd'hui, nous sommes à huit mois d'une présidentielle. Et donc, si on faisait une dissolution aujourd'hui, on ajouterait à la guerre, aux problèmes de pouvoir d'achat et à un budget à passer, l'instabilité politique. On bloquerait le prochain président, la prochaine présidente, de la possibilité de faire cette dissolution et de se reconstruire une majorité. Donc ce n'est pas souhaitable", a répondu le chef de l'État, interrogé sur TF1 et France 2.
Sur le chapitre budgétaire, Emmanuel Macron a revendiqué la nécessité "d'avoir un budget qui tient les objectifs" parce que "si le gouvernement laissait filer le déficit, ce ne serait pas juste pour les générations futures".
Avant de poursuivre : "La priorité du moment, c'est la stabilité financière et politique. Le gouvernement a raison de faire un budget solide. Est-ce que c'est un budget excessif ou d'austérité ? Non, c'est un budget de responsabilité. Les axes qu'il a définis me paraissent juste car il demande des contributions proportionnées à tout le monde."
Le président de la République a été interrogé sur les mouvements sociaux qui émaillent le pays et un potentiel retour des Gilets jaunes. Sur cette question, il a d'abord déclaré qu'il souhaitait "régler nos problèmes pour que la vie soit meilleure" et a compris qu'il était "normal que des mouvements sociaux émergent", dont "certains auxquels le gouvernement apporte une réponse".
Toutefois, il a opposé à cela des "appels à un mouvement social généralisé ne nous aiderait pas collectivement". "Je ne pense pas que ce soit une action utile. À l'inverse, on doit rester unis. Ce qui importe, c'est d'avoir de la solidarité entre nous, des forces politiques qui soient le plus responsable possible et essayer de prendre les décisions les plus responsables pour préparer les Français à l'avenir et que les conflits trouvent une issue", a-t-il déclaré.
Emmanuel Macron a affirmé qu'il n'exclut pas de baisser les taxes sur les carburants si l'envolée des tarifs se poursuivait, tout en affirmant qu'il serait préférable de faire baisser les prix en utilisant des moyens diplomatiques.
"Je pense qu'en fonction de l'évolution, il ne faut rien exclure", a dit le président sur France 2 et TF1, tout en jugeant qu'une baisse des taxes n'est "pas la décision la plus vertueuse" car celles-ci "servent à financer les dépenses de l'État". "Notre intérêt, c'est plutôt de baisser les prix avant de baisser les taxes", a-t-il ajouté.
Toujours interrogé sur la crise des carburants, Emmanuel Macron a déclaré que sa priorité était de "baisser les prix".
"Je pense que notre intérêt, c'est de baisser les prix avant de baisser les taxes. Parce qu'on ferait payer aux contribuables les conséquences de la géopolitique", a-t-il assuré, précisant que "le gouvernement agit pour accompagner des filières économiques qui en ont le plus besoin ou les Français qui roulent le plus".
Il a également déclaré que "baisser les taxes de 20 centimes pendant un mois, c'est un milliard d'euros" de coût pour l'État qui finance des "dépenses concrètes de l'État et de la Sécurité sociale".
Emmanuel Macron a annoncé que la France allait continuer à "discuter avec les Iraniens et les Omanais pour rouvrir le détroit d'Ormuz".
Par la suite, elle va participer à une mission de sécurisation du site de Yanbou, par où transitaient plusieurs millions de barils en traversant l'Arabie saoudite : "nous allons envoyer des moyens militaires : des soldats, des radars, des systèmes de défense pour protéger ce site", a-t-il déclaré.
Interrogé sur la question de la hausse des prix des carburants, Emmanuel Macron a assuré que la France "fait tout pour éviter les pénuries".
"Les prix ont beaucoup monté ces dernières semaines et depuis le début de la guerre. Face à ça, nous voulons d'abord agir diplomatiquement, car la cause, ce sont les conditions géopolitiques. 20% du gaz et du diesel qui sortent du golfe Persique. Le cœur de notre action va être de baisser la tension pour que ça puisse sortir le plus rapidement possible", a-t-il expliqué.
"Nous nous sommes mis en situation d'avoir ce dont on a besoin en diesel, en gaz et en fioul", pour les 90 prochains jours, a-t-il précisé.
La stratégie de défense de l'Ukraine, qui frappe des raffineries russes à l'aide de drones, pèse sur le prix des carburants en France.
"Ça a un impact", a confirmé Emmanuel Macron. Mais il a rappelé que ce qui provoque d'abord ces hausses de prix, c'est la situation "au détroit d'Ormuz".
Le chef de l'État dit avoir proposé, ce lundi avec Donald Trump et Volodymyr Zelensky, un "moratoire" sur les frappes ukrainiennes. "Nous proposons un double moratoire. D'un côté, vous tapez les raffineries russes et les Russes s'engagent à ne pas taper votre système énergétique civil. De l'autre, vous arrêtez les combats en mer Noire", a-t-il continue.
Emmanuel Macron a déclaré que "plusieurs informations ont été partagées par les services de renseignements européens, américains et ukrainiens" par rapport à une possible mobilisation de 300.000 hommes en Russie qui iraient sur le front en Ukraine.
"C'est un scénario qui nous paraît crédible. Il y a plusieurs indices qui montrent que la Russie est en train de s'organiser", a-t-il assuré.
Toujours sur le sujet de la guerre en Ukraine, Emmanuel estime que "nous devons être lucides sur l'évolution de la menace" russe et estime que "nous devons nous préparer".
"Depuis des mois, nous avons monté la posture en protégeant mieux des sites sensibles. Et face à l'évolution des sites sensibles et jeudi dernier, à ma demande, le ministre de l'Intérieur a réuni l'ensemble des préfets de zone et région par région, tous les sites civils sensibles font l'objet de protection supplémentaire, nous faisons la même chose pour les sites militaires et les industriels de l'armée", a-t-il déclaré.
Il a enfin déclaré ne pas vouloir "participer à l'escalade" par les mots. "La Russie multiple les actes hostiles et parfois hostiles à l'égard des Européens", a-t-il conclu.
Au début de son interview, le président de la République Emmanuel Macron a confirmé qu'il y avait une "situation qui monte en tension", en Europe, par rapport à la menace russe.
"Ces dernières semaines, les actes hostiles se sont multipliés. La Russie considère que l'Europe, c'est la profondeur stratégique de l'Ukraine", a-t-il déclaré.
Le chef de l'État a rappelé également que la France est attaquée "depuis des années", autant sur "le plan informationnel" que sur le plan "cyber". "ll n'y a pas eu, en France, des attaques. Mais est-ce que ça peut arriver, la réponse est oui. Ce sont des attaques hostiles qui peuvent tuer", a-t-il déclaré.
L'interview d'Emmanuel Macron sur TF1 et France 2 va bientôt commencer.
Le chef de l'Etat a déclenché une petite polémique cette semaine, à quelques jours de l'arrivée du pape Léon XIV en France. Le souverain pontife, qui sera accueilli ce vendredi par le président à sa descente de l'avion, célébrera une veillée au Stade de France dans la soirée ainsi qu'une messe géante sur la place de la Concorde le samedi. Autant de temps forts auxquels ne participera pas Emmanuel Macron.
Face aux préoccupations des Français, le chef de l'État abordera plusieurs dossiers brûlants : le pouvoir d'achat, les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, ainsi que la visite imminente du pape en France. L'enjeu de son intervention sera d'expliquer aux Français que la hausse des prix à la pompe se joue d'abord au Moyen-Orient, avec le blocage du détroit d'Ormuz. Décryptage à lire ici.
Bienvenue dans ce direct consacré à l'interview d'Emmanuel Macron aux journaux de 20 heures de TF1 et France 2.