Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a fait état de "nombreux appels sur les réseaux sociaux à commettre des exactions" mais aussi des "pillages" lors de la nouvelle journée de contestation samedi, pour laquelle 70.000 policiers et gendarmes seront mobilisés en France.
"Nous constatons qu'il y a de nombreux appels de la mouvance ultragauche et de l'extrême gauche radicale", a déclaré Laurent Nuñez lors d'une conférence de presse vendredi au ministère de l'Intérieur. Parmi les 70.000 membres des forces de l'ordre déployés, le ministre a fait appel à des "effectifs locaux des différents départements, mais également des effectifs des forces mobiles", "des unités d'élite comme le RAID, le GIGN ou la BRI pour la préfecture de police" et "une vingtaine de véhicules blindés Centaure" pour la gendarmerie "et 15 engins lanceurs d'eau" pour la police seront déployés en France.
Lors de la présentation du dispositif de sécurité pour la journée du 24 octobre, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a prévenu : "On sera intraitable avec les casseurs, les pilleurs, et tous ceux qui iront commettre des exactions."
Les consignes sont de "faire preuve de la plus grande fermeté", ajoute encore le ministre qui précise que "ce qu'il s'est passé le 17 octobre est totalement inacceptable".
La préfecture du Rhône a publié vendredi un arrêté précisant la zone dans laquelle toute manifestation ou tout rassemblement est interdit samedi à Lyon, une semaine après les violences observées en marge d'actions contre la vie chère.
L'interdiction avait été annoncée jeudi, sans être accompagnée d'un arrêté. Ce dernier publié vendredi indique que le périmètre concerne la Presqu'île, dans l'hypercentre où plus de 150 boutiques ont été vandalisées et pour certaines pillées, la vieille ville (5e arrondissement), le 6e arrondissement et une partie du 3e arrondissement où se situent notamment la préfecture, le palais de justice ou encore la gare Part-Dieu.
Une manifestation syndicale a été autorisée "à titre dérogatoire" samedi à Marseille, la seule dans le département des Bouches-du-Rhône, a annoncé vendredi la préfecture, après avoir interdit la veille tout rassemblement.
La manifestation a été autorisée "parce qu'un parcours a été identifié et partagé et qu'un service d'ordre est mis en place", précise la préfecture dans un communiqué. Une demande de la CGT avait été déposée pour cette manifestation intersyndicale qui rassemble aussi la FSU et Solidaires, a précisé à l'AFP le secrétaire général de l'Union départementale CGT dans les Bouches-du-Rhône Marc Pietrosino.
Les manifestations sont interdites samedi dans les centres-villes de Mulhouse, Nancy et Besançon, ont annoncé les préfectures concernées, justifiant leurs décisions par l'absence d'organisateur déclaré et pour des raisons de sécurité.
A Strasbourg, une manifestation a en revanche été autorisée après avoir été déclarée par des organisations syndicales, a indiqué la préfecture du Bas-Rhin à l'AFP.
"La présence et la circulation des personnes participant à des cortèges, défilés et rassemblements non déclarés", sont interdites dans le centre-ville de Mulhouse, samedi, indique un arrêté de la préfecture du Haut-Rhin qui considère "primordial d'empêcher toute récidive des phénomènes constatés le samedi 17 octobre", journée marquée par de "nombreuses exactions".
La manifestation de samedi dernier, qui a rassemblé un millier de personnes dans la ville du Haut-Rhin, a dégénéré en milieu d'après-midi quand des groupes ont provoqué les forces de l'ordre et se sont attaqués aux commerces et biens publics, avait indiqué la préfecture.
Le parquet de Mulhouse a saisi l'inspection générale de la police nationale (IGPN) après qu'une adolescente a été blessée et a perdu un oeil.
Ailleurs dans le Grand Est, les manifestations sont également bannies dans le centre-ville de Nancy samedi "face au risque de nouveaux troubles graves à l'ordre public", a indiqué la préfecture de Meurthe-et-Moselle, qui explique elle aussi n'avoir reçu aucune déclaration de manifestation en préfecture.
En Bourgogne-Franche-Comté, malgré des appels à manifester à Besançon qui circulent "depuis plusieurs jours" sur les réseaux sociaux, "aucune déclaration de manifestation n'a été déposée", "aucun organisateur n'a été identifié" et "aucun parcours n'a été défini pour le cortège", indique de son côté la préfecture du Doubs dans un communiqué.
Estimant que "les conditions minimales de sécurité" pour l'organisation d'une manifestation samedi "ne sont pas réunies", le préfet du Doubs, Rémi Bastille, a décidé d'interdire tout rassemblement samedi dans le centre-ville, sous peine d'amende.
Une manifestation chapeautée par des syndicats a été autorisée samedi à Paris dans le cadre de la nouvelle journée de mobilisation sociale prévue en France, mais sur un parcours différent de celui que souhaitaient des gilets jaunes, qui dénoncent un "choix irresponsable" favorisant "la casse".
La préfecture de police a validé un parcours entre Bastille et Nation, organisé notamment par la CGT, mais interdit celui du collectif étudiant Interfac et de gilets jaunes (Bastille-Opéra). Le préfet de police, Patrice Faure, justifie ces décisions par "les exactions constatées" le 17 octobre ou quatre jours plus tôt à la fin d'une manifestation de jeunes.
La préfecture du Nord a annoncé avoir interdit "toutes manifestations" et rassemblements samedi dans le centre de Lille, après les violences et les pillages en marge des mobilisations du samedi 17 octobre.
Toutes les manifestations, déclarées ou non déclarées, seront interdites samedi à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône "pour des raisons évidentes de sécurité et de disponibilité des forces de sécurité intérieure", a annoncé jeudi la préfecture du département.
Après plus d'un mois de crise, Emmanuel Macron monte en première ligne vendredi : il reçoit les organisations lycéennes pour la première fois depuis le début de la contestation et va à la rencontre des forces de l'ordre, à la veille d'une nouvelle journée de mobilisations strictement encadrées.
Sébastien Lecornu se rend, lui, à Limoges, particulièrement touchée par les violences du 17 octobre avec son hôtel de ville incendié. En parallèle, le chef de l'État continue à mettre l'accent sur la fermeté. Il effectuera un déplacement auprès des forces de l'ordre, a fait savoir l'Élysée, sans plus de précisions.
Jeudi, il a réclamé "la plus grande dureté" contre "les actes de délinquance", accusant les groupes "d'ultragauche" d'avoir cherché à "faire tomber la République" le week-end dernier.