Le Premier ministre Sébastien Lecornu a martelé qu'il ne fallait "pas emmerder les Français" et leur "faire la leçon" en leur expliquant comment ils "doivent vivre" face à l'envolée des prix à la pompe liée au conflit au Moyen-Orient.
"Il ne faut pas les emmerder, les Français", a-t-il lancé, reprenant une formule de Georges Pompidou qui avait dit "d'arrêter d'emmerder les Français" avec un excès de lois et réglements.
"On n'est pas là pour leur faire la leçon, pour leur expliquer comment ils doivent vivre. C'est un grand peuple. On en a vu d'autres des moments difficiles", a-t-il ajouté, refusant de les appeler à réduire leurs déplacements et donc leur consommation de carburant dans le contexte de crise actuel.
Le gouvernement va augmenter les indemnités de déplacement pour les fonctionnaires qui utilisent leur véhicule personnel dans le cadre de leur service, a annoncé le ministre de l'Action et des Comptes publics David Amiel.
"Nous allons augmenter les frais de déplacement entre le 1er juin et le 31 décembre, avec une majoration qui représentera l'équivalent d'environ 0,20 euro par litre de carburant" pour les "agents publics dont les fonctions supposent des déplacements réguliers sur le terrain", a indiqué M. Amiel lors d'une conférence de presse du gouvernement.
Il a cité en exemple "les enseignants remplaçants", "les AESH" (Accompagnants d'élèves en situation de handicap) ou "les agents hospitaliers qui sont amenés à se déplacer dans le cadre de leur mission".
Le plafond d'aide aux carburants pour les "gros rouleurs", qui sera prolongée de trois mois à partir de juin, "passera de 50 à 100 euros", a annoncé jeudi la ministre déléguée chargée de l'Energie Maud Bregeon.
"C'est une aide qui continuera à cibler trois millions de Français et qui représente un soutien en moyenne de 0,20 euro par litre", a ajouté Maud Bregeon. Le public "ciblé", pour lequel il existe notamment des conditions de ressources, "reste inchangé."
Après plus de 80 jours de guerre au Moyen-Orient et de flambée des prix, pas un seul Français n'a, à ce jour, concrètement reçu une quelconque aide pour faire face à la flambée des prix des carburants.
Le Premier ministre persiste à mettre en place des usines à gaz, à…— Jordan Bardella (@J_Bardella) May 21, 2026
"Nous renforçons la prime carburant. Le montant maximum des primes carburants versées par les employeurs à leurs salariés, qui sont exonérés de cotisations et d'impôt sur le revenu, sera porté de 300 à 600 euros, avec une suppression des conditions de versement pour les employeurs", a annoncé Serge Papin.
"Le guichet ouvrira le 27 mai", a précisé Maud Bregeon.
Face à la flambée des prix du carburant, les aides à domicile vont bénéficier d'une "revalorisation pérenne de (leurs) indemnités kilométriques, qui représente environ 20 centimes par litre d'essence", soit environ 200 euros supplémentaires annuels pour une professionnelle qui parcourt 10.000 km par an, a annoncé la ministre de la Santé.
Ces professionnelles particulièrement précaires pourront également prétendre à un deuxième dispositif d'aide: un nouveau "programme de leasing automobile social" pour accompagner celles qui voudraient s'équiper d'un véhicule électrique, a-t-elle détaillé.
Maud Bregeon, ministre déléguée à l'Energie, annonce pour trois mois, une aide de "30 à 35 centimes par litre de gazole" en faveur des pêcheurs, selon "le cadre défini par la Commission européenne". Une aide semblable est fixé à "15" centimes pour les agriculteurs".
Serge Papin a annoncé une aide similaire pour le secteur du BTP avec une aide de "25 centimes par litre, qui va être élargie aux entreprises de moins de 50 salariés".
Les aides à l'achat de carburant pour les pêcheurs et les agriculteurs, nécessaire au fonctionnement des bateaux comme des tracteurs, sont prolongées "pour une durée de trois mois".
"Je vous annonce la reconduction du dispositif d'aide forfaitaire 'grand rouleur' pour trois mois supplémentaire. Nous sommes à 2.000 demandes déposées. Nous travaillons à une simplification", a précisé Philippe Tabarot, ministre des Transports.
Les chauffeurs de taxi bénéficieront "à partir du 1er octobre" d'une aide à l'achat "allant jusqu'à 5.500 euros pour un véhicule électrique", a annoncé Philippe Tabarot. Cette aide, qui existera pour une "durée d'au moins trois mois", sera réservée aux véhicules électriques "assemblés au sein de l'espace économique européen", a-t-il précisé .
Le ministre des Transports a par ailleurs invité "les plateformes de VTC" (comme Uber) "à faire un geste significatif pour une meilleure prise en compte de la hausse actuelle des prix du carburant dans le prix des courses qu'elles fixent à leurs chauffeurs".
"Les tensions sont réelles, mais maîtrisées. L'ensemble des dérogations sont données aux transporteurs pour assurer l'approvisionnement. Les inquiétudes sont mesurées pour les semaines à venir. Une légère baisse sur le gazole se stabilise, après avoir attendu une moyenne à 2,40 euros le litre. Nous suivons cela avec la plus grande vigilance", a précisé Maud Bregeon, ministre déléguée à l'Energie et porte-parole du gouvernement.
"Il faut protéger les classes populaires et les entreprises vulnérables. Les aides doivent être ciblé vers les travailleurs. La guerre ne créée aucun surplus pour l'Etat. Nous avons une augmentation des prix, mais de l'autre, nous avons une baisse de la consommation et donc de la TVA. Une enveloppe de 710 millions d'euros d'aides nouvelles va être précisée", a détaillé David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes publics.
"Nous allons aujourd'hui apporter un soutien à hauteur d'1,2 milliard d'euros pour les travailleurs et les entreprises qui en ont le plus besoin: 470 millions d'euros d'aides qui ont d'ores et déjà été annoncées, et 710 millions d'euros d'aides nouvelles", a indiqué M. Amiel.
Roland Lescure a pris le relais de Sébastien Lecornu lors de ce point gouvernemental.
"On va s'appuyer sur des faits. L'inflation est en hausse, indéniablement. L'inflation entraîne une hausse mécanique du Smic. Nous avons des facteurs de résilience. Notre mix énergétique nous protège de tout enjeu d'approvisionnement", a assuré le ministre de l'Economie.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a évoqué l'impact de la guerre en Iran sur les prix du carburant.
"Il faut donner des perspectives aux Français avec un ciblage sur ceux qui travaillent. Dans les cas les plus difficiles, il faudra continuer à s'adapter, car il n'y a pas de baguette magique", a souligné Sébastien Lecornu.
"Les hydrocarbures sont une laisse. L'électricité est notre liberté. Il y a une réalité, nous sommes capable de produire une énergie souveraine et décarbonée. Nous refusons toute baisse générale indiscriminée de la fiscalité sur le carburant. Cela coûte très cher aux finances publiques et cela est un contre-sens. Si une fiscalité devait diminuer, cela serait sur les énergies produites en France".
"Il ne faut pas peur inutilement aux gens. Nous n'abandonnerons personne dans notre soutien à l'activité", a promis Sébastien Lecornu.
"Nous sommes dans une crise non pas de volumes, mais une crise de prix. L'approvisionnement en hydrocarbures en France se passe sur la façade atlantique. Le sujet est la spéculation", selon Sébastien Lecornu.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu tient une conférence de presse sur l'impact de la guerre en Iran et les mesures de soutien du gouvernement à l'activité économique.
"Dès le début du conflit, tout laissait entrevoir que ce conflit en Iran pouvait durer. Force est de constater, que cette guerre va durer, soit de manière froide, soit avec une reprise des frappes", a-t-il souligné.
"Le scénario le plus optimiste est une forme de retour à la normale entre l'été et l'automne. Le scénario noir, c'est une reprise du conflit, la destructions de sites d'infrastructures d'hydrocarbures et la fermeture du détroit d'Ormuz", a estimé Sébastien Lecornu.
Le Premier ministre, accompagné de 10 ministres, apportera ses réponses lors d'une conférence de presse à 17H00, sa première à Matignon depuis sa prise de fonction, consacrée aux conséquences de cette guerre et aux "mesures de soutien à l'activité".
Face à la crise au Moyen-Orient qui s'éternise et percute de plein fouet l'activité, Sébastien Lecornu présente jeudi de nouvelles aides, tout en mettant en garde contre les conséquences sur le budget, pour lequel des économies seront nécessaires.
Comment aider davantage les métiers touchés sans creuser le déficit ou contraindre les dépenses ?
Il s'agit de "trouver ce juste équilibre entre soutien au pouvoir d'achat et respect des finances publiques", a résumé mercredi la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, également ministre déléguée à l'Energie.
Car "nous n'avons aucune marge de manœuvre budgétaire", a prévenu sur TF1 le président Les Républicains du Sénat Gérard Larcher, qui s'est dit "inquiet" et a pointé un risque de "récession", alors que l'activité en France a connu son plus fort recul depuis cinq ans et demi en mai, selon l'indice PMI Flash publié jeudi.