Emmanuel Macron veut inscrire au calendrier un jour commémorant le génocide arménien

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"Le combat pour la justice et la reconnaissance est notre combat. Nous le menons par la mémoire", a assuré le chef de l'État mardi soir (image d'archives)
"Le combat pour la justice et la reconnaissance est notre combat. Nous le menons par la mémoire", a assuré le chef de l'État mardi soir (image d'archives) © ANDREAS SOLARO / AFP
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Devant 500 personnalités de la communauté arménienne, Emmanuel Macron s'est engagé à faire inscrire au calendrier une "journée de commémoration du génocide" arménien, mardi soir.

Emmanuel Macron s'est engagé mardi soir, lors du dîner annuel du Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF), à faire inscrire au calendrier une "journée pour la commémoration du génocide" arménien. C'était l'une de ses promesses de campagne.

Un rassemblement de personnalités arméniennes. Le chef de l'État, qui se rendra en octobre en Arménie lors du sommet de la francophonie à Erevan, était l'invité d'honneur de ce dîner animé par André Manoukian, qui réunissait 500 personnes de la communauté arménienne dans un hôtel parisien. Étaient également présents la maire de Paris Anne Hidalgo, la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse, des élus français d'origine arménienne comme Patrick Devedjian ou le maire de Lyon Georges Képénékian, le député turc d'origine arménienne Garo Paylan (HDO, prokurde) ainsi que des responsables de la communauté juive.

Un combat mené "par la mémoire". "Le combat pour la justice et la reconnaissance est notre combat. Nous le menons par la mémoire en soutenant l'inscription au calendrier républicain d'une journée pour la commémoration du génocide", a déclaré le chef de l'État qui a rappelé que c'était "un engagement" de campagne qu'il était "essentiel que la représentation nationale se ressaisisse de ce sujet dans les prochains mois".

Un refus net de condamner la Turquie. Les coprésidents du CCAF, Ara Toranian et Mourad Papazian, ont demandé à Emmanuel Macron de condamner la Turquie qui, ont-ils accusé, menace les minorités dont les Arméniens, et l'ont aussi prié de se rendre au Haut-Karabakh, région peuplée en majorité d'Arméniens que se disputent l'Arménie et l'Azerbaïdjian.

Après avoir rendu hommage à la communauté arménienne en France, le président de la République leur a opposé un net refus, défendant sa politique de dialogue avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, qu'il a reçu à l'Élysée début janvier, ainsi que sa neutralité dans le conflit du Haut Karabakh.

Conserver la Turquie comme alliée. "Sur la Turquie, j'ai engagé un dialogue régulier et exigeant avec le président Erdogan, parfois à l'abri des médias. Je ne mésestime rien de ce que vous avez dit. Je lui ai dit ce qu'il en était. Et nous avons obtenu des résultats en libérant des journalistes", a-t-il rappelé. "Beaucoup doutent du bien-fondé du dialogue avec la Turquie. Mais j'estime que cela condamnerait le message de la France à n'être qu'une injonction dans le vide". Et sur le terrorisme, la crise migratoire, "nous avons besoin d'alliés, y compris ceux qui ne partagent pas nos valeurs", a-t-il fait valoir.

Un choix "plus utile" que "les grandes déclarations". La France "soutient les voix courageuses qui s'élèvent", a-t-il argué, "condamner pour ne pas avoir à discuter, c'est les laisser seules ou obligées de quitter le pays". "J'assume ce déséquilibre, ce choix plus difficultueux", "moins glorieux que de grandes déclarations mais plus utile", a-t-il insisté.

"Et je vais à nouveau vous décevoir mais je ne vous accompagnerai pas au Karabakh", a-t-il continué, car "je perdrai ce que la France a d'utile dans ce conflit, celle d'être un médiateur et d'être entendu par les deux parties". "J'espère venir avec vous le jour où nous aurons réglé tout cela ", a-t-il conclu, sous les applaudissements.