Franz-Olivier Giesbert, journaliste et auteur de "Histoire intime de la Ve République. Tome 3, Tragédie française", était l'invité de La Grande interview Europe 1-CNews vendredi. 2:51
  • Copié
, modifié à
Selon un sondage Ifop, Marine Le Pen arrive en tête des intentions de vote pour le premier tour de l'élection présidentielle si celle-ci avait lieu dimanche prochain. Un résultat qui semble évident, selon Franz-Olivier Giesbert, journaliste et auteur de "Histoire intime de la Ve République. Tome 3, Tragédie française", invité de La Grande interview Europe 1-CNews vendredi.

Marine Le Pen pourra-t-elle être la prochaine présidente de la République ? Selon un sondage Ifop pour Valeurs actuelles, la présidente du groupe Rassemblement national à l'Assemblée nationale arrive en tête des intentions de vote pour le premier tour de l'élection présidentielle si celle-ci avait lieu dimanche prochain, et fait jeu égal au second tour, que son adversaire soit Gabriel Attal ou Édouard Philippe.

"L'Occident se tourne vers des systèmes un peu plus autoritaires"

D'après Franz-Olivier Giesbert, journaliste et écrivain, invité de La Grande interview Europe 1-CNews vendredi, Marine Le Pen pourrait prendre la tête de l'Élysée dans trois ans. "Le Marinisme, c'est comme une mer qui monte. Il ne faut pas se raconter d'histoires. Il y a un mouvement général en Occident, ce n'est pas juste propre à la France, regardez les sondages pour Trump aux États-Unis, Meloni en Italie, l'AFD en Allemagne, l'Occident ne se sent pas bien et se tourne donc vers des systèmes un peu plus autoritaires", a-t-il observé.

Dans ce sondage, Marine Le Pen recueille 36% d'intentions de vote au premier tour (+3 points en un mois), devant le candidat macroniste, à 22%, que celui-ci soit l'actuel Premier ministre (-1 point) ou son prédécesseur Edouard Philippe (-3 points). Jean-Luc Mélenchon arrive troisième, à 14% (+1 point) dans les deux hypothèses.

 

Un résultat qui pourrait s'expliquer par exemple par un manque de contrôle de l'immigration, selon Franz-Olivier Giesbert. "340.000 primo délivrances de titres de séjour, 140.000 demandes d'asile, entre 600.000 et 900.000 clandestins en France", a-t-il énuméré. "Ça veut dire qu'on a l'équivalent d'une ville comme Marseille qui arrive en France chaque année", a-t-il lancé regrettant le manque de ligne directrice de l'exécutif. 

Au final, Emmanuel Macron "va rester comme le président qui a ouvert les portes au Rassemblement national, à Marine Le Pen. Dans l'Histoire, c'est ça qu'on va retenir, comme on retient d'Obama que c'est lui qui a ouvert les portes pour Trump", a estimé l'auteur de l'essai Histoire intime de la Ve République. Tome 3, Tragédie française.