Alors que Gérald Darmanin réclamait de la fermeté dans les premières comparutions immédiates afin d'éviter "que les commerçants fassent justice eux-mêmes" après les émeutes du 17 octobre, la justice s'est montrée toujours aussi laxiste. Pour preuve, aucune peine maximale n'a été prononcée.
Un défilé des émeutiers devant les tribunaux français. Rien qu'à Paris, 300 personnes ont été jugées en comparution immédiate depuis lundi. Mais pour quels résultats ? Ce mardi 20 octobre 2026, Gérald Darmanin réclamait de la fermeté pour éviter "que les commerçants ne fassent justice eux-mêmes". Malgré cet avertissement, plusieurs exemples de condamnations sont loin de la fermeté promise.
La peine maximale n'est jamais prononcée
Sur la trentaine de condamnations analysées par Europe 1, huit seulement sont des peines de prison ferme. Exemple à Rouen : un livreur tunisien, récidiviste, retrouvé avec 16.000 euros de bijoux sur lui après le pillage d'une boutique de rachats d'or. Depuis lundi, il est incarcéré, mais pour huit mois seulement, là où le Code pénal prévoit 14 ans d'emprisonnement pour ce type de délit.
Pour le reste, les peines de sursis ou les aménagements de peines dominent, y compris pour les récidivistes, comme Sophia, 27 ans, déjà neuf condamnations à son actif pour vol. Elle encourait 14 ans de prison pour le pillage d'un magasin de sport à Lyon. Elle écope finalement de 12 mois, mais purgera sa peine chez elle avec un bracelet électronique.
À Toulouse, un homme de 18 ans risquait lui dix ans de prison pour un jet de cocktail Molotov sur des policiers. Il s'en sort avec 12 mois de sursis. La même peine qu'Adam, un black bloc suisse de 19 ans, interpellé pour pillage et rébellion. Il risquait sept ans de prison.
Les cas sont multiples, la peine maximale n'est jamais prononcée et le sursis la règle : la prison ferme, l'exception.