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Délai de réflexion de deux jours, auto-administration du produit… Que contient le texte de loi sur la fin de vie adopté à l’Assemblée ?

L'Assemblée nationale durant les débats portant sur la fin de vie. [Quentin de Groeve / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Ce mardi 30 juin, les députés ont approuvé pour la troisième fois la proposition de loi sur la fin de vie. Elle prévoit notamment la création d’une aide à mourir et la légalisation de l’euthanasie. À 295 votants pour et 231 contre,  l’adoption du texte est loin d’avoir apaisé les clivages dans l'Hémicycle.

Malgré trois votes favorables, le texte de loi sur la fin de vie accentue les tensions à l'Assemblée nationale. L’opposition au texte persiste, en dépit d’une majorité obtenue pour la légalisation du suicide assisté. À gauche et au centre, les partisans de l’aide à mourir se félicitent d’une loi qu’ils estiment suffisamment encadrée.

"C'est une loi qui s'adresse à des personnes qui sont en fin de vie, malheureusement porteuses de maladies incurables, avec des douleurs indicibles, au pronostic vital engagé et avec un processus irréversible. C'est-à-dire qu'il ne leur reste plus que quelques jours ou semaines à vivre", confirme Philippe Vigier, député MoDem.

L'élu estime ainsi que "le chemin de la dignité est de les laisser partir si elles veulent".

Vote solennel à l'Assemblée le 15 juillet prochain

De son côté, la droite et le Rassemblement national ont majoritairement voté contre le texte. Ils ont souligné plusieurs points perçus comme problématiques, comme l’absence de clause de conscience collective pour les établissements privés qui ne souhaitent pas pratiquer l’euthanasie, ou le délai de réflexion de 2 jours, jugé beaucoup trop court pour que le patient confirme, après avis médical, sa volonté de mourir.

"Ce qui m’a frappé c’est la légèreté avec laquelle les partisans du texte ont caricaturé nos positions. Cela nécessite de la profondeur, de l’engagement, et pour moi le texte manque de sécurisation pour les personnes les plus vulnérables", défend la députée LR Justine Gruet.

Les recours semblent désormais limités puisqu’après le rejet prévu du Sénat, le dernier vote solennel à l'Assemblée nationale aura lieu le 15 juillet prochain.