Chanteloup-les-Vignes : "J'ai vu des gamins venir pleurer devant les cendres de ce cirque", déplore la maire

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Catherine Arenou, maire (LR) de Chanteloup-les-Vignes 0:50
Catherine Arenou, maire (LR) de Chanteloup-les-Vignes © Europe1
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Bouleversée par une nouvelle nuit de violences qui a mené à la destruction du chapiteau de la Compagnie des Contraires, l'édile (LR) de Chanteloup-les-Vignes Catherine Arenou reconnait que les habitants ont pris "une grande claque dans la figure". 
INTERVIEW

Plus de 24 heures après les violences urbaines qui ont émaillé la nuit de samedi à dimanche à Chanteloup-les-Vignes, la colère n'est pas retombée. Porte-parole sur Europe 1 de ce dégoût face à l'ampleur des dégâts, la maire Catherine Arenou ne mâche pas ses mots. L'élue décrit "des habitants et des bénévoles de ces associations qui ont le sentiment d'avoir pris une grande claque dans la figure". Et face au spectacle de désolation que laisse ce bâtiment culturel emblématique de la commune ravagée par les flammes, l'édile ne décolère pas. "J'ai vu des petits gamins qui fréquentaient ce chapiteau venir pleurer devant les cendres de ce cirque", raconte-t-elle. Mais pas question de baisser les bras devant "l'insupportable", Catherine Arenou promet de reconstruire. "Nous, adultes, avons une vraie responsabilité. Nous avons une obligation de faire et de refaire."

Une banalisation insupportable de la violence

Démunie devant "ce jeu débile" entre cités, où le but est de casser le plus possible pour faire la une des journaux, Catherine Arenou reconnait ne pas savoir "où cela va s’arrêter". "Démolir un lieu de culture, c'est un signe fort de ne pas laisser une volonté de liberté d'expression s'exprimer" commente l'élue, maire de Chanteloup-les-Vignes depuis 2009. "Certains ont envie de faire parler d'eux" et pour cela "cassent quelque chose de très symbolique". "Vous vous rendez-compte de la violence qui est arrivée sur notre territoire ?", demande la maire en colère, qui déplore une "banalisation des violences" contre les forces de l'ordre, "pratiquement chaque weekend". "Il faut un fait aussi important que l'incendie volontaire d'un lieu de culture pour qu'on s’aperçoive de ce que vivent au quotidien les policiers et les pompiers."

Des conditions de vie "épouvantables"

"Nous franchissons des paliers régulièrement depuis plusieurs années", déplore Catherine Arenou. Sa première pensée va aux Chantelouvais, dont c'est le quotidien. "95% de la population vit dans dans des conditions épouvantables et personne n'en parle si l’escalade de la violence ne casse pas un peu plus." L'édile explique notamment que dans l’ensemble de la cité, "il n'y a plus d’électricité depuis cinq ou six semaines". "Je ne suis pas en capacité de réparer rapidement", explique-t-elle, parce que "quelques individus attaquent ceux qui viennent réparer".  

Face aux défis de la rénovation urbaine, Catherine Arenou se sent un peu abandonnée par l'Etat. "Dans ces territoires compliqués, il y a des évolutions positives sur pleins d'endroits", développe pourtant l'élue qui demande que l'on arrête "de rajouter de la difficulté aux difficultés". La maire décrit notamment une situation où ceux "qui vont un peu mieux", qui peuvent par exemple changer de logement, "sont remplacés par des gens encore plus précaires". J'écope la mer à la petite cuillère", dénonce Catherine Arenou qui dit, comme beaucoup de ses collègues, ne plus pouvoir "supporter toute la misère du territoire". "On nous fait porter depuis 40 ans toute la pauvreté et la précarité de l'Ile-de-France, c'est insupportable", termine l'élue dans un cri de colère. 

 

Europe 1
Par Cédric Chasseur