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«Ce qu'on nous promet, c'est un peu la révolution» : à Toulouse, les patrons inquiets face à une possible victoire de LFI

L’insoumis François Piquemal, qui a obtenu 27 % des voix au premier tour, et le socialiste François Briançon, crédité de 25 %, se sont alliés pour battre le maire sortant de droite, Jean-Luc Moudenc. [Lionel BONAVENTURE / AFP]

À Toulouse, l’union de la gauche pour le second tour des municipales inquiète les milieux économiques. Craignant une hausse des impôts et un coup d’arrêt à des projets structurants, plusieurs chefs d’entreprise appellent à faire barrage à La France insoumise dimanche.

La campagne pour le second tour des élections municipales a débuté mardi soir à 18 heures, lors de la clôture des dépôts de listes. Elle s’annonce courte mais intense. Après deux jours de tractations, plusieurs listes ont fusionné, notamment à gauche.

À Toulouse, par exemple, l’insoumis François Piquemal, qui a obtenu 27% des voix au premier tour, et le socialiste François Briançon, crédité de 25%, se sont alliés pour battre le maire sortant de droite, Jean-Luc Moudenc, qui a recueilli 37% des suffrages dimanche dernier.

"Une ambiance LFI ne va pas inciter les entrepreneurs"

La triangulaire est donc devenue un duel, ce qui inquiète les chefs d’entreprise toulousains. Ils redoutent un changement brutal de politique économique dans la ville si La France insoumise venait à remporter la mairie. La CPME de Haute-Garonne appelle donc à réélire le maire sortant pour faire barrage à la gauche.

À quatre jours du second tour, l’angoisse monte chez les patrons toulousains. Face à la crainte de voir le candidat insoumis l’emporter dimanche, beaucoup appellent à faire barrage à la gauche. En première ligne, Pierre-Olivier Nau, président du MEDEF de Haute-Garonne, se dit particulièrement inquiet pour Airbus.

"Airbus est une galaxie immense. J’imagine qu’une ambiance LFI, avec des impôts en très forte hausse, ne va pas inciter les entrepreneurs, quels qu’ils soient, à se développer à Toulouse, mais plutôt ailleurs", juge-t-il.

"L'économie ralentira dans six ans"

Une inquiétude partagée par ce chef d’entreprise, qui craint de lourdes conséquences pour l’économie locale en cas de victoire de La France insoumise. "Bien évidemment, l’économie ralentira en six ans. Si c’est LFI, dans quel état rendront-ils la mairie ? Ce qu’on nous promet, c’est un peu la révolution", déplore-t-il.

Mais ce qui l’inquiète encore davantage, c’est l’opposition de l’insoumis François Piquemal au projet de ligne à grande vitesse (LGV), qui doit, dans les prochaines années, permettre de relier Toulouse à Paris en seulement 3h10. "Aujourd’hui, Toulouse est à 4h20 de Paris en TGV. De ce fait, cela enclaverait encore davantage la ville pour les investisseurs, mais aussi pour l’économie. Il faut que tout le monde se mobilise si l’on veut que Toulouse continue à se développer", insiste le chef d’entreprise.

Dimanche, il votera donc par défaut pour Jean-Luc Moudenc afin de faire barrage au candidat insoumis.