Le Premier ministre Sébastien Lecornu a déclenché ce vendredi matin un troisième 49-3 dans le cadre de l'examen du budget 2026, en vue de l'adoption définitive du texte.
Sébastien Lecornu a engagé vendredi, par un troisième et dernier 49.3, la responsabilité de son gouvernement pour faire adopter sans vote le budget de l'État, ce qui devrait lui valoir encore des motions de censure qui seront probablement rejetées lundi, permettant une adoption définitive du texte.
"La France doit avoir un budget. Et donc, devant cet hémicycle, j'engage la responsabilité du gouvernement sur l'ensemble du PLF (projet de loi de finances, ndlr) pour 2026, sur la base de l'article 49 de la Constitution", s'est contenté de déclarer, en 13 secondes chrono, devant l'Assemblée nationale le chef du gouvernement qui s'était engagé à y renoncer au début de l'automne, à la demande du PS.
Un projet qui va enfin aboutir après quatre mois de débats
Dans la foulée, La France insoumise a annoncé le dépôt d'une motion de censure, qui devrait être examinée et rejetée lundi faute du soutien de la droite et des socialistes, tout comme une autre motion du Rassemblement national et son allié UDR.
Selon le président de la commission des Finances Eric Coquerel, ces motions de censure seront examinées lundi à 17H - et non pas mardi comme il le demandait pour permettre à tous les députés de revenir à Paris. Autre critique sur la forme de l'écologiste Arnaud Bonnet, "le Premier ministre n'a même pas attendu que les membres de la commission des Finances", qui venaient de rejeter une ultime fois ce budget, "arrivent dans l'hémicycle que le 49.3 était déjà prononcé".
Après quatre mois de très denses discussions au Parlement, le projet de loi de finances pour 2026 va pouvoir aboutir. Sauf immense surprise, les motions de censure seront rejetées comme les deux précédentes grâce à la clémence des Républicains et surtout du Parti socialiste. Le gouvernement dispose en effet d'un matelas relativement confortable d'une vingtaine de voix d'avance.
Un budget "utile pour les Français"
S'il est certes "imparfait", ce budget "est un texte utile pour les Français, car il nous permet de sortir du climat d'incertitude qui s'est installé depuis quelques mois", a salué jeudi la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin.
Si certains parlementaires, tout comme l'agence de notation Moody's, en doutent, le texte entend ramener le déficit à 5% du PIB en 2026, contre 5,4% en 2025.