Ce mardi, l'Assemblée nationale examinait deux motions de censure déposées contre le gouvernement de Sébastien Lecornu après le déclenchement du 49.3 par le Premier ministre sur la partie dépenses du budget. Les deux textes ont été rejetés, le projet de loi de finances est adopté par l'Assemblée et transmis au Sénat.
L'Assemblée nationale a repoussé mardi deux nouvelles motions de censure déposées par la gauche hors PS et le Rassemblement nationale, en réaction à la décision de Sébastien Lecornu d'utiliser le 49.3 pour faire adopter la partie dépenses et l'ensemble du budget de l'Etat pour 2026.
Le budget, ainsi adopté par la chambre basse en nouvelle lecture, va désormais être transmis au Sénat. Celui-ci examinera le texte jeudi et pourrait le rejeter d'emblée, permettant son retour rapide à l'Assemblée. Le Premier ministre devrait ainsi engager la responsabilité de son gouvernement une troisième fois dès vendredi, ouvrant la voie à l'adoption définitive du texte le 2 ou le 3 février.
Le PS et LR ont refusé de s'associer à ces motions
Le débat a été l'occasion pour le Premier ministre, disant engager sa responsabilité "devant l'Histoire", de défendre un budget de "sursaut", qui permettra d'augmenter les crédits de la défense de 6,5 milliards d'euros - occasion aussi pour lui de distribuer quelques coups de griffe et d'inviter à regarder "plus loin" que 2026.
La motion de censure commune des groupes Insoumis, écologiste et GDR (communistes et ultra-marins) a été approuvée par 267 députés, alors que 289 voix étaient nécessaires pour faire tomber le gouvernement. Celle du RN et de son allié le groupe ciottiste UDR a recueilli seulement 140 voix.
Sur le fond, l'oratrice écologiste Christine Arrighi a fustigé un budget qui relègue l'écologie "au tout dernier rang", pointant notamment l'"effondrement" du budget alloué au Fonds vert: dédié à accompagner localement la transition écologique, celui-ci a, selon elle, vu ses crédits fondre de 2,5 milliards d'euros en 2024 à 850 millions d'euros en 2026.
Pour le RN, Jean-Philippe Tanguy a critiqué un budget qui va alourdir les impôts "d'au moins 9 milliards d'euros", tout en creusant la dette. Comme déjà vendredi, le PS et LR ont refusé de s'associer à ces motions, au nom de la "stabilité" et de la nécessité de doter la France d'un budget.