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La secrétaire d'État aux Affaires européennes, invitée du Grand-rendez-vous, a rappelé les exigences de la France concernant le Brexit. "Le risque de 'no deal' n'est pas écarté", prévient-elle.
INTERVIEW

"On a mis des conditions très fortes : le 31 janvier n'est pas négociable, l'accord sur la table n'est pas négociable". Invitée dimanche du Grand rendez-vous, la secrétaire d'État aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin, a rappelé les exigences de la France concernant le Brexit.

"Le risque de 'no deal' n'est pas écarté"

L'Union européenne a accordé le 28 octobre dernier un nouveau délai à la Grande Bretagne : les Britanniques ont désormais jusqu'au 31 janvier prochain, au lieu du 31 octobre dernier, pour parvenir à un accord de sortie. La France, pays le plus réticent à un report long, a finalement donné son accord à cette nouvelle et courte prolongation. "À un moment donné, des responsabilités devront être prises. C'est pourquoi je conseille aux entreprises de se préparer : le risque de 'no deal' n'est pas écarté", prévient Amélie de Montchalin, réticente en tout délai supplémentaire.

Parmi les éléments rassurants pour la France : la tenue de législatives anticipées au Royaume-Uni, qui permettront d'avoir une nouvelle majorité au Parlement, et peut-être une ligne claire. Jusqu'ici, les députés britanniques ne sont jamais parvenus à se mettre d'accord pour ratifier les différents accords de Brexit négociés avec Bruxelles. "Les élections vont permettre de réaligner les choses. Si les Britanniques ratifient l'accord (négocié avec Bruxelles le 17 octobre), ce sera une sortie ordonnée", espère Amélie de Montchalin.

"Depuis le mois d'avril, on nous a présentés comme les durs de la bande"

"Depuis le mois d'avril, on nous a présentés comme les durs de la bande. On nous a dit 'les Français sont toujours fermes, sont durs'. Ce n'est pas tout à fait ça qui se passe. Depuis le mois d'avril, le Président de la République essaie de faire en sorte que l'on soit dans la clarté, de faire des choses simples : d'avoir un accord sur la table, de pouvoir demander au Britanniques 'oui ou non', et d'avoir des échéances claires", poursuit la secrétaire d'État.

"Ce nouveau délai, il est conditionné, il est proportionné", rétorque enfin Amélie de Montchalin, en réponse à ceux qui déplore le nouveau report, perçu comme un potentiel danger pour les entreprises françaises. Selon elle, les entreprises françaises ont la capacité de s'adapter rapidement. Elle rappelle également que le gouvernement a mis en place un site dédié, brexit.gouv.fr, pour accompagner les entreprises dans leurs démarches concernant le Brexit.