Attaque du Hamas : le groupe LFI saisit la justice après des propos d'Enrico Macias

© FRED DUFOUR / AFP
  • Copié
avec AFP
Le chanteur Enrico Macias a appellé à "dégommer", "peut-être même physiquement", les membres de la France insoumise à cause de leur position sur le Hamas. Des propos qui ne sont pas passés auprès du groupe parlementaire qui a annoncé saisir la justice. 

Le groupe parlementaire La France insoumise a annoncé mercredi saisir la justice après les propos la veille du chanteur Enrico Macias appelant à "dégommer", "peut-être même physiquement", le mouvement de la gauche radicale à cause de sa position sur le Hamas. Ces propos constituent "un appel à s'en prendre physiquement aux membres de La France insoumise", assure la présidente du groupe Mathilde Panot dans son courrier adressé à la procureure de Paris.

LFI a saisi cette dernière au titre de l'article 40 du code de procédure pénale, qui permet à "toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire" de dénoncer des faits ou des propos à la justice. "Quand j'entends l'extrême gauche qui se défausse devant cette horreur, eh ben vous m'obligez à dire ce que je ne voulais pas dire: il faut les dégommer ces gens-là", a déclaré Enrico Macias mardi soir sur CNews, sur le plateau de Pascal Praud. "Politiquement", lui fait préciser l'animateur.

"Bah bien sûr, mais peut-être physiquement", ajoute le chanteur de 84 ans, précisant plus tard qu'il parle de membres de LFI, à ses yeux "complices" du Hamas. De la "diffamation" pour Mathilde Panot. La cheffe des députés LFI annonce également saisir la justice à propos de Julien Bahloul, qui se présente "lui même comme expert, ancien journaliste Franco-Israélien". Ce dernier a déclaré sur X : "Je souhaite à Madame Panot de se retrouver 24h entre les mains du Hamas".

Un climat de menaces sur les membres de la France insoumise

Ces déclarations "interviennent dans un climat de menaces constantes sur La France insoumise et ses membres : de nombreuses menaces de morts ont été reçues par les membres de notre groupe parlementaire, parfois de manière anonyme, via courriers, mails, et réseaux sociaux", écrit Mathilde Panot. "À force de répéter du matin au soir des mensonges sur LFI, des gens qu'on aime finissent par les croire et appeler au meurtre. Je ne reconnais pas Enrico Macias dans ce propos", avait réagi mardi soir Jean-Luc Mélenchon sur X.

Le leader des Insoumis avait déjà dénoncé dans la semaine la "lapidation médiatique désormais permanente" que subit, à ses yeux, son mouvement, pris dans la polémique après sa réaction sur l'attaque du Hamas en Israël.