Figure de la gauche française, Lionel Jospin est décédé à l'âge de 88 ans ce dimanche. Pascal Praud est revenu sur le bilan politique du socialiste ce lundi, et notamment lorsqu'il était ministre de l'Education nationale de 1988 à 1992.
Nommé à la tête du ministère de l'Education nationale sous le mandat de François Mitterand en1988, Lionel Jospin fait face à une crise majeure l'année suivante. En octobre 1989, deux élèves musulmanes du collège Gabriel-Havez de Creil (Oise) sont exclues, au nom du principe de neutralité et de laïcité scolaire, parce qu'elles refusaient de retirer leur voile.
À cette époque, Lionel Jospin, "ne prend pas la mesure de ce qu'il se passe avec ces deux jeunes femmes", souligne ce lundi Pascal Praud.
"Un jour de grande défaite"
Alors que la polémique enfle autour de l'affaire de Creil, le ministre de l'Education va solliciter l'avis du Conseil d'État, qui n'apportera pas de réponse tranchée. Pascal Praud regrette ainsi que l'entrisme islamique ait été sous estimé, alors que de nombreuses personnalités tiraient la sonnette d'alarme.
"Une tribune importante sera écrite dans le Nouvel Observateur, par Alain Finkielkraut, par Élisabeth Fontenay, par Régis Debray, et par Élisabeth Badinter... Régis Debray parle de cimetière de l'école publique ce jour-là, c'est un jour de grande défaite. Et il ne prend pas la mesure qu'on ne vient pas à l'école avec le voile", martèle Pascal Praud.