"Faux témoignages", "dysfonctionnements majeurs", "collaborateurs officieux" : les conclusions de la commission d'enquête sur Benalla

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Alexandre Benalla est actuellement en détention provisoire.
Alexandre Benalla est actuellement en détention provisoire. © Alain JOCARD / AFP
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La commission d'enquête sénatoriale sur l'affaire Benalla a demandé des poursuites contre Alexandre Benalla et Vincent Crase, et formulé 13 propositions pour mettre fin à des "dysfonctionnements majeurs", a-t-elle annoncé mercredi.  

La commission d'enquête sénatoriale sur l'affaire Benalla a demandé au Bureau du Sénat de saisir la justice pour "faux témoignage" de la part d'Alexandre Benalla et de Vincent Crase, tous deux en détention provisoire depuis mardi.

Strzoda, Kolher et Lavergne également mis en cause. Dans une lettre adressée au président du Sénat Gérard Larcher, la commission met également en cause le témoignage de trois hauts responsables à l'Elysée, Patrick Strzoda, Alexis Kohler et le général Lionel Lavergne, les soupçonnant d'"omissions, incohérences" et "contradictions". "Tout témoignage mensonger devant une commission d'enquête parlementaire est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75.000 euros d'amende", rappellent dans leur lettre le président de la commission Philippe Bas et les deux corapporteurs, Jean-Pierre Sueur et Muriel Jourda. 

Les déclarations sur les passeports diplomatiques épinglés. Concernant Alexandre Benalla, ancien chargé de mission à l'Elysée, ils estiment que "contrairement à ses affirmations, (il) assurait bien, dans les faits, une fonction de protection rapprochée du chef de l'Etat". Ils épinglent aussi ses déclarations sous serment sur ses passeports diplomatiques. Alexandre Benalla et Vincent Crase, ex-employé de LREM et ex-gendarme réserviste en fonction à la présidence de la République, sont aussi soupçonnés d'avoir menti sur le contrat de sécurité privé négocié avec un oligarque russe, Iskander Makhmudov.

"Omissions". Concernant Patrick Strzoda, directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, Alexis Kohler, secrétaire général de l'Elysée, et le général Lionel Lavergne, chef du Groupe de Sécurité de la Présidence de la République (GSPR), la commission estime avoir "bénéficié d'utiles informations" de leur part mais elle a "également mis au jour dans leurs déclarations un certain nombre d'omissions, d'incohérences et de contradictions", est-il indiqué dans la lettre.

Ces trois hauts responsables "ont retenu une part significative de la vérité à la commission", notamment "sur le périmètre de la mission de sécurité exercée par Alexandre Benalla", juge la commission, qui demande au Bureau du Sénat "de saisir le ministère public", qui pourra "procéder aux investigations qu'il jugera opportunes afin de déterminer s'il y a lieu de donner des suites judiciaires à ces déclarations".

"Dysfonctionnements majeurs au sein des services de l'Etat". La commission d'enquête sénatoriale a également pointé une série de "dysfonctionnements majeurs au sein des services de l'État", qui ont pu "affecter" la sécurité du président et "les intérêts" du pays, dans son rapport rendu public mercredi. La commission évoque notamment "des pouvoirs excessifs laissés à un collaborateur inexpérimenté" dans le domaine de la sécurité du président, et "un sérieux manque de précaution dans la prévention des conflits d'intérêts de certains collaborateurs", en référence au contrat négocié avec un oligarque russe par Alexandre Benalla et Vincent Crase.

En finir avec les collaborateurs officieux. La commission d'enquête sénatoriale formule 13 préconisations, dont celle de "mettre fin à l'expérience des collaborateurs 'officieux' du président de la République". La commission présidée par Philippe Bas (LR) suggère aussi de "conditionner le recrutement des collaborateurs" du président à "une enquête administrative préalable" pour "s'assurer de la compatibilité de leur comportement" avec leurs missions futures. Outre ce renforcement de la "transparence", la commission veut améliorer les garanties pour "un haut niveau de sécurité" du président et "renforcer les pouvoirs de contrôles du Parlement".