1er-Mai : Benalla n'avait "aucune autorisation de la préfecture de police" selon un haut-gradé

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Alexandre Benalla était-il autorisé à être "observateur" place de la Contrescarpe, le 1er-Mai, à Paris ?
Alexandre Benalla était-il autorisé à être "observateur" place de la Contrescarpe, le 1er-Mai, à Paris ? © THOMAS SAMSON / AFP
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Selon le directeur de l'ordre public de la préfecture de police de Paris, Alain Gibelin, "Alexandre Benalla ne bénéficiait d'aucune autorisation de la préfecture de police pour être sur cette manifestation" en tant qu'"observateur".

L'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron Alexandre Benalla, mis en examen pour avoir frappé et malmené deux manifestants le 1er-Mai à Paris, n'avait "aucune autorisation" pour participer à la manifestation, a déclaré lundi le directeur de l'ordre public de la préfecture de police de Paris, Alain Gibelin.

La version de l'Élysée contredite. "Alexandre Benalla ne bénéficiait d'aucune autorisation de la préfecture de police pour être sur cette manifestation" en tant qu'"observateur", a répété le contrôleur général Alain Gibelin, directeur de l'ordre public et de la circulation (DOPC), auditionné par la Commission d'enquête de l'Assemblée nationale. Ce haut-gradé, chargé notamment de la gestion des opérations de maintien de l'ordre lors des grandes manifestations, contredit donc la version du porte-parole de l'Élysée Bruno Roger-Petit qui, jeudi, avait affirmé qu'Alexandre Benalla bénéficiait d'une autorisation en tant qu'"observateur".

Une invitation émise par l'un des trois cadres mis en examen ? Alexandre Benalla a également assuré lundi, dans un communiqué de ses avocats, avoir "été invité" par la Préfecture de police de Paris. Alain Gibelin a expliqué que cette invitation avait été accordée, sans en référer à sa hiérarchie, par l'un des trois cadres de la police soupçonnés d'avoir transmis à Alexandre Benalla des images de vidéosurveillance tournées au moment des faits et mis en examen dimanche pour "violation du secret professionnel" et "détournement d'images issues d'un système de vidéoprotection".

Autre point soulevé par Alain Gibelin, qui remet en question la version élyséenne : Alexandre Benalla aurait été présent à des réunions avec les services du DOPC entre le 4 et le 19 mai, période pendant laquelle il était censé être mis à pied selon le porte-parole de l'Élysée Bruno Roger-Petit. La sanction n'aurait pas été appliquée, a déclaré Pascal Gibelin en réponse à une question de Marine Le Pen.

"Interlocuteur régulier". Alexandre Benalla se prévalait "sur ses cartes de visite" de la "qualité de chef-adjoint du chef de cabinet" d'Emmanuel Macron et était "un interlocuteur régulier" et "tout à fait crédible en apparence", a souligné Alain Gibelin, rappelant que le prédécesseur d'Alexandre Benalla sous le quinquennat de François Hollande avait le même titre.

Le haut-gradé a confirmé les propos tenus plus tôt devant cette même commission par le préfet de police Michel Delpuech qui avait présenté Alexandre Benalla comme un "interlocuteur connu" tandis que Gérard Collomb avait assuré ne pas connaître la fonction du chargé de mission.