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Tirs dans un collège à Aubagne : un deuxième mineur placé en garde à vue dans l'enquête antiterroriste

[AFP]

Un adolescent de 13 ans a été placé en garde à vue mercredi dans le cadre de l'enquête sur la fusillade au collège d'Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône. Il est soupçonné d'avoir été en lien avec le tireur de 14 ans via TikTok, alors que les enquêteurs explorent ses liens avec une communauté en ligne fascinée par les tueries de masse.

Un autre mineur a été placé en garde à vue mercredi sur commission rogatoire des juges d'instruction antiterroristes saisis dans la fusillade au collège d'Aubagne, qui vaut déjà au tireur de 14 ans d'être écroué, a indiqué jeudi une source judiciaire à l'AFP.

Les "investigations, couvertes par le secret, sont en cours", ajoute cette source. Un adolescent de 13 ans, soupçonné d'avoir été en lien avec le collégien-tireur d'Aubagne via TikTok, a été interpellé dans le nord de la France mercredi en fin de journée, selon franceinfo jeudi.

Des "précisions complémentaires seront apportées à l'issue de la garde à vue", ajoute la source judiciaire sollicitée par l'AFP.

Des liens probables avec la True Crime Community

Au coeur de ce dossier, il y a notamment l'exploitation des supports numériques saisis au cours de la perquisition réalisée au domicile du collégien de 14 ans qui a blessé par balles un principal et une enseignante à Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône.

Le parquet national antiterroriste (Pnat), en charge de cette affaire, a notamment mis au jour "l'utilisation par le mis en cause de nombreux comptes de réseaux sociaux sur Protonmail, Discord, Snapchat ou TikTok".

Une première analyse "de ceux-ci dans le temps de la garde à vue" du tireur de 14 ans "révélait la probable adhésion à la True Crime Community (TCC)", communauté en ligne fascinée par les tueries de masse. 

"L'un de ses comptes étant exclusivement dédié à la republication de contenus liés à cette communauté, d'une extrême violence et plus particulièrement relatifs aux tueries scolaires", relatait encore le Pnat mercredi.

Une menace "totalement marginale"

Le tireur mineur a été placé en détention provisoire mercredi soir conformément aux réquisitions du Pnat, qui s'est saisi du dossier en faisant pour la première fois le lien en France entre un passage à l'acte et une mouvance fascinée par les tueries de masse, TCC en l'occurrence, phénomène né en Amérique du Nord.

"C'est une menace pour laquelle on a un nombre de procédures qui reste relativement faible, qui est cependant un point de préoccupation, pas uniquement en France, mais dans beaucoup de pays de l'Union européenne, parce qu'on la voit croître", a commenté jeudi matin sur franceinfo Olivier Christen, à la tête du Pnat.

Cette menace "reste totalement marginale par rapport au reste de la menace terroriste": "la menace jihadiste représente à peu près 88% des procédures que nous avons, y compris pour les mineurs", a conclu le procureur antiterroriste.