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Surveillant et principale menacés de mort en Gironde : le parent d'élève condamné à six mois de prison ferme

(Illustration). [LOIC VENANCE / AFP]

Le prévenu, en "état de récidive", avait menacé "d'égorger" et de "planter" un surveillant et le principal d'un collège d'Eysines, près de Bordeaux, tout en les couvrant d'insultes. Sa compagne a également été reconnue coupable et condamnée à six mois de prison avec sursis pour outrage.

Le père d'une élève qui avait menacé de mort et violenté un surveillant et la principale d'un collège d'Eysines, en périphérie de Bordeaux, a été condamné ce jeudi 17 septembre, en comparution immédiate, à 12 mois de prison, dont six avec sursis, et incarcéré à l'issue de l'audience.

Dans cette affaire, sans lien avec le "terrorisme" selon la cour, le mis en cause, déjà condamné pour violences et en "état de récidive", avait pénétré lundi sans autorisation dans le collège, après une altercation entre sa fille et d'autres élèves de 3e, et menacé "d'égorger" et de "planter" les deux victimes, les couvrant d'insultes. Sa compagne, sans antécédents judiciaires, a écopé de six mois de prison avec sursis, coupable d'outrage pour des insultes contre le même personnel éducatif.

Les parents plaident "un coup de nerfs"

À la barre, les deux parents ont avancé un "dégoupillage", "un coup de nerfs" après un appel de leur fille, prétendant avoir été "frappée" par le surveillant quand celui-ci était venu séparer les élèves en train de se disputer.

Le couple souhaitait "faire peur" et "publier sur les réseaux sociaux" une photo du surveillant, que leur fille accuse de violences "depuis deux à trois ans", ce que conteste l'encadrement du collège, qui a expliqué prolonger depuis six ans le contrat reconductible de cet "assistant d'éducation expérimenté", après un bilan fait chaque été.

"Je tiens à m'excuser. Ce jour-là, j'ai vu rouge quand ma fille m'a dit que le surveillant l'avait fait pleurer. Je reconnais tous les faits sauf les menaces de mort avec un couteau", a expliqué le père, âgé de 37 ans, déjà condamné à 21 reprises pour divers délits, dont 4 pour violences. "C'est comme la chanson de Balavoine, dès qu'on touche à mon enfant, c'est un trop-plein d'émotion, un déferlement", a avancé l'avocat de la défense Me Nicolas Richardoz, qui souligne que les parents ont "aussitôt effacé les photos" en sortant du collège.

Une "sanction très adaptée" pour l'avocate des parties civiles

Pour le parquet, qui avait requis 12 mois de prison, dont six en sursis probatoire contre le père, et six mois avec sursis contre la mère, "tous les conflits entre parents et personnels éducatifs ne finissent pas en coup de fusil ou en attentat". "Mais le choix d'hystériser la situation, d'essayer de la rendre publique sur les réseaux, de croire sans recul leur enfant plutôt que les professionnels de l'Éducation du service public, peut conduire à ce genre de situation".

Me Julie Gabinski, l'avocate des parties civiles, a salué une "sanction très adaptée" pour "que les violences ne recommencent pas" et que "l'école redevienne un sanctuaire".

La semaine dernière, le ministre de l'Education Édouard Geffray avait souligné qu'"aucun professeur ne doit avoir peur d'exercer son métier" après la condamnation d'un père de famille à six mois de prison ferme pour avoir menacé de "couper la tête" d'une enseignante, près de Toulouse.