Un collégien de 14 ans est entendu mercredi par les policiers, au lendemain de l'agression d'une professeure d'arts plastiques dans l'établissement La Guicharde de Sanary-sur-Mer, dans le Var. Il a reconnu au cours de sa garde à vue avoir eu "trop de haine" envers l'enseignante. Des éléments autour du profil du garçon ont été communiqués.
La professeure poignardée à plusieurs reprises mardi, au collège La Guicharde de Sanary-sur-Mer dans le Var, est dans un état "toujours préoccupant", a indiqué le procureur de Toulon Raphaël Balland. L'enseignante a été agressée dans sa classe par un élève de 14 ans, qui n'aurait pas accepté de recevoir des avertissements de sa part.
L'élève a prémédité son geste
Interpellé peu après les faits, le collégien a expliqué en garde à vue avoir pris un couteau dans sa cuisine car il avait "trop de haine" à l'égard de l'enseignante. Il a reconnu avoir prémédité son agression la semaine précédente. Il avait déjà apporté un couteau au collège "à cette fin, mais il avait renoncé à son projet, ayant peur de passer à l'acte", selon le procureur.
Le collégien reprochait à cette professeure d'arts plastiques "d'avoir inscrit plusieurs incidents le concernant sur l'application Pronote", le logiciel de la vie scolaire, ce qu'il jugeait "injuste".
Après l'agression, il a expliqué aux enquêteurs avoir "pleuré toutes les larmes de son corps", se portant des coups. Il a affirmé regretter "beaucoup son geste", et qu'après les faits, il avait ressenti "une grosse haine" envers lui, "davantage qu'à l'encontre de sa professeure".
Des armes blanches retrouvées dans sa chambre
D'après les premiers éléments sur le profil de l'élève, celui-ci semble être un adepte des jeux vidéo qu'il dit consommer "pas plus d'une à deux heures par jour". Il possède dans sa chambre plusieurs armes blanches car il trouve cela "stylé". Aussi, le garçon ne pratique pas de religion.
En garde à vue, le collégien a réexpliqué qu'il n'avait jamais été victime de violences de la part de ses parents. En mars 2025, un signalement avait été effectué par son établissement après des suspicions de violences commises par les parents sur sa jeune sœur. L'enquête avait été classée sans suite mais une mesure d'assistance éducative avait été ordonnée en septembre dernier. Ce suivi a toutefois mis du temps à se mettre en place, puisque la mesure n'a débuté que le 21 janvier, par un premier entretien avec un éducateur.
Ce jeudi devait avoir lieu un rendez-vous avec les services de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), indique le ministre de la Justice Gérald Darmanin. Une prise en charge plus rapide aurait peut-être permis de déceler une quelconque faille chez ce jeune homme. L'élève doit désormais être présenté devant le tribunal qui devra décider s'il le place en détention provisoire comme le demande le parquet.