Le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez était à Marseille ce jeudi 9 avril pour présenter une réorganisation des services face au crime organisé. L'ambition est de confier à la police judiciaire la centralisation des informations issues de la police, de la gendarmerie et des douanes.
En déplacement à Marseille, ce jeudi, Laurent Nunez veut reprendre la main sur la lutte contre le crime organisé en réorganisant en profondeur les services d’enquête. Et pourquoi se limiter aux seuls trafics ? Prostitution, corruption, racket… Les organisations criminelles diversifient leurs activités et gagnent en efficacité. En face, les services d’enquête - police, gendarmerie, douanes - sont appelés à mieux coordonner leurs actions.
"La criminalité s’organise, devient de plus en plus performante, avec des moyens considérables grâce à des financements importants. Il faut que nos services travaillent ensemble. L’enjeu, c’est d’organiser une réponse globale face à cette criminalité structurée", souligne Eric Moulin, du syndicat UNSA Police PACA-Corse.
"Un décalage entre la modernisation du grand banditisme et celle de la police"
Mais au-delà de la coordination, les enquêteurs pointent un manque criant de moyens humains et matériels. Les services d’investigation traversent une crise des vocations, alors même que les dossiers se complexifient.
"On a un décalage entre la modernisation du grand banditisme et celle de la police", alerte Franck Faraci, enquêteur à l’Ofast et délégué du syndicat Un1té. "Si on voulait se limiter à la délinquance intermédiaire, interpeller les petites mains, cela suffirait. Mais pour remonter jusqu’aux têtes de réseau, souvent à l’étranger, il faut du temps.
Et ce temps, on ne l’a pas", rapporte Franck Faraci. Les enquêtes lourdes s’accumulent, tandis que la pression hiérarchique impose des résultats rapides, au risque de fragiliser la lutte contre les réseaux les plus structurés.