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«Qui va payer les pots cassés ?» : riverains et commerçants parisiens toujours sous le choc après les débordements du sacre du PSG

Gauthier Bedrignans / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP [Gauthier Bedrignans / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Deux jours après les débordements et les actes de vandalisme qui ont secoué la capitale en marge du sacre du PSG en Ligue des champions, la colère demeure du côté des riverains et des commerçants. Europe 1 est allé à leur rencontre porte de Saint-Cloud, à quelques centaines de mètres du Parc des Princes.

Le week-end a été émaillé par des violences urbaines à la suite de la victoire du Paris Saint-Germain en Ligue des champions. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé "plus de 890 interpellations" en France ce week-end et plus de 700 gardés à vue. 

Depuis, les comparutions immédiates s'enchaînent. Ce lundi 1er juin, 13 hommes majeurs ont notamment été jugés et ils sont tous ressortis libres. Mais un sentiment amer subsiste pour les habitants, témoins de cette nuit de casse.

"La police n'a pas assez de pouvoir"

Si les rues ont été nettoyées autour du marché à la porte de Saint-Cloud, les bruits des tirs de mortier sont encore dans toutes les têtes. "Ils sont là que pour casser. C'est pas la fête. C'est pas normal. Et qui c'est qui paye les pots cassés ? C'est toujours les impôts. Et qui c'est qui paye les impôts ? C'est ceux qui travaillent", tempête un habitant.

Depuis leur fenêtre, Patrick et Bernard ont été spectateurs de cette nuit de violence. Pour les deux amis, les casseurs ne sont pas assez inquiétés. "Il faut agir autrement et puis c'est tout. À la fin, qu'est-ce qu'il y a ? Il n'y a jamais rien. Ils ne sont jamais condamnés. Ou bien c'est 500 euros, mais c'est quoi 500 euros ?", déplore le premier.

"Moi je trouve que la police n'a pas assez de pouvoir pour ça. À chaque fois qu'il y a la Ligue des champions, ça a toujours été comme ça. Il n'y a qu'à Paris qu'on voit un truc comme ça", estime Bernard.

 "On laisse faire. C'est l'impression que ça donne"

Un sentiment partagé par Maurice. Samedi 30 mai, ce boucher a dû baisser le rideau à 17h pour limiter la casse. "Il y avait une espèce de horde de jeunes. On ne sait pas d'où ils sont sortis : de plusieurs endroits, des rues adjacentes. Et tous les clients qui habitent le quartier ont été choqués et ont eu vraiment peur", se remémore-t-il. 

"On se dit : 'mais qu'est-ce qu'est en train de devenir Paris, notre société ? Et on laisse faire. C'est l'impression que ça donne", déplore-t-il. Le commerçant craint désormais que ces scènes de violence deviennent automatiques en cas de grande célébration sportive.