Ce lundi, le garde des Sceaux Gérald Darmanin rencontre son homologue algérien lors d'un déplacement diplomatique à Alger. Parmi les sujets primordiaux de cette rencontre, la coopération judiciaire dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic. Invitée de La Grande interview Europe 1-Cnews, la magistrate Béatrice Brugère estime qu'on "ne trouvera uniquement la solution sur le plan national".
C'est l'un des thèmes principaux de cette rencontre au format inédit. Ce lundi 18 mai, le ministre de la Justice Gérald Darmanin se rend à Alger pour rencontrer la diplomatie algérienne. Une rencontre qui sert d'abord à apaiser les tensions et retrouver une coopération interétatique efficiente. Et dans ce cadre, l'entente dans la lutte contre le narcotrafic sera discutée.
Une solution qui apparaît nécessaire, alors que la consommation de drogue atteint des sommets dans l'Hexagone, selon Béatrice Brugère, secrétaire général du syndicat Unité Magistrats.
"Les têtes de réseau ont tous les moyens pour échapper à la justice"
"C'est une question qui ne trouvera pas une solution sur le plan uniquement national. On le sait depuis longtemps, on est sur du transfrontalier, sur de la coopération internationale, c'est la clé du succès. Il faut absolument que cette coopération fonctionne. Sinon, cela ne sert à rien. Nos enquêtes ne peuvent pas aboutir, puisque les têtes de réseau ont tous les moyens pour échapper à la justice", a-t-elle déclaré au micro de Laurence Ferrari.
Interrogée sur la volonté de l'État français d'extrader les membres de la DZ Mafia sur le territoire français, Béatrice Brugère a rappelé le sens de cette demande.
"C'est toute la question de ce voyage diplomatique : qu'ils soient jugés en France. Cela met de la cohérence dans les dossiers. Ce sont surtout eux qui sont à la tête des réseaux, donc les personnes les plus importantes. S'ils ne sont pas jugés, en France, ils continueront a priori d'une manière ou d'un autre à faire leur trafic", a-t-elle conclu.