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Meurtre d'un adolescent dans la Drôme en 2024 : un fils, son père et son beau-frère sur le banc des accusés

[SANDRINE MARTY / HANS LUCAS / AFP]

Un homme de 26 ans est jugé pour avoir mortellement poignardé Zakaria, 15 ans, en avril 2024 à Romans-sur-Isère. Son père et son beau-frère comparaissent également pour complicité.

Trois membres d'une même famille sont jugés à partir de lundi 14 septembre devant la cour d'assises de la Drôme, après le meurtre en 2024 d'un adolescent qui tentait de s'interposer dans une bagarre née d'une querelle de collégiens.

Adel Gourini, 26 ans, est accusé d'avoir poignardé Zakaria, 15 ans, le soir du 9 avril 2024, dans le quartier de la Monnaie à Romans-sur-Isère, alors que le garçon tentait de s'interposer entre un de ses amis et le frère de l'accusé.

Une affaire jugée jusqu'à vendredi

Queue de cheval, veste grise, le jeune homme qui comparaît détenu n'a fait aucune déclaration à l'ouverture des débats. S'il n'a jamais contesté être l'auteur du coup de couteau, Adel Gourini a en revanche nié l'intention de tuer, malgré la violence du coup porté, qui ne laissera aucune chance à Zakaria.

A ses côtés, son père Boutaleb Gourini, 59 ans, et son beau-frère, Abdherrahim Assmy, 27 ans, sont poursuivis pour complicité dans ce drame qui avait rouvert des plaies encore béantes dans le quartier difficile de la Monnaie.

Plusieurs des jeunes mis en examen pour le meurtre de Thomas Perotto, 16 ans, poignardé à la fin d'un bal dans le village voisin de Crépol, sont en effet originaires de ce quartier, placé sous les feux des critiques lors du drame.

Dans l'affaire jugée jusqu'au vendredi 18 septembre, tout découle de la rivalité entre deux collégiens scolarisés dans le même établissement. "L'embrouille", pour reprendre leurs termes, remonte à deux semaines : une moquerie portant sur un petit frère a suscité une bagarre, filmée puis diffusée sur les réseaux sociaux.

Zakaria était un "garçon généreux, drôle et bosseur"

Le jour du drame, l'un des deux affirme à son père avoir été harcelé à la sortie de l'école. Il n'en faudra pas plus pour qu'un rendez-vous soit fixé le soir-même.

Boutaleb Gourini, ancien technicien de maintenance, se rend accompagné de ses deux fils aînés, dont Adel, gérant d'une parfumerie à Romans, et de son gendre, à La Monnaie, où vit celui qu'il pense être le harceleur de son fils. "Une expédition punitive", selon le parquet de Valence.

Il "a essayé" de faire retomber la pression, a assuré lundi matin en arrivant au tribunal son avocat Me Yves Flaud, qui entend "expliquer qu'il n'y a pas de responsabilité pénale". Selon l'enquête, le père incite son cadet, âgé de 16 ans, à porter le premier coup. Ce fils cadet est en attente d'un procès en appel devant un tribunal pour enfants.

Quant à Abdherrahim Assmy, 27 ans, il est jugé pour complicité, parce qu'il a aidé les accusés à organiser leur fuite. Zakaria était un "garçon généreux, drôle et bosseur", en apprentissage, selon l'avocat de sa famille Me Guillaume Fort. Lundi, son "père n'est pas là, il est sur la tombe de son fils au Maroc", a-t-il déclaré .