La toiture et le beffroi de la mairie de Limoges se sont effondrés, le 17 octobre dernier, après l'intrusion dans l'établissement public de militants radicaux. Ces derniers avaient allumé un incendie qui avait dévasté le bâtiment, inauguré en 1883.
Les avocats d'un trentenaire mis en examen et écroué dans l'enquête sur l'incendie criminel de la mairie de Limoges le 17 octobre ont sollicité mardi sa remise en liberté faute d'"indices", alléguant que seuls "des murs" ont été endommagés. Devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel, la défense de l'homme âgé de 34 ans a aussi sollicité l'annulation de sa mise en examen dans ce dossier devenu l'un des symboles des violences survenues ce jour-là dans toute la France.
"Cette procédure a été absorbée par la sphère politique", a plaidé Me Guillaume Laverdure, l'un de ses avocats. "Il n'y a pas assez d'indices graves et concordants" pour une mise en examen, a-t-il ajouté.
"La victime, ce sont des murs", plaide la défense
"On montre un individu avec un gilet jaune sans distinguer son visage (...), les éléments sont très légers", a ajouté le conseil, qui a également ironisé sur la portée des violences : "Dans ce dossier, la victime, ce sont des murs." La toiture et le beffroi de l'hôtel de ville de Limoges, inauguré en 1883, se sont effondrés après l'incendie provoqué par des manifestants radicaux lors d'une intrusion le 17 octobre.
Qualifié par le parquet de "meneur le plus actif et acharné", ce suspect originaire de la Creuse avait été interpellé le 20 octobre à Bussière-Boffy (Haute-Vienne). Intérimaire dans le bâtiment et défenseur de l'environnement, il a été mis en examen notamment pour "tentative d'homicide" sur policier et "destruction" de la mairie.
Arrivé sous escorte, revêtu d'un sous-pull noir et d'un jean, le jeune homme a été longuement applaudi par une quarantaine de sympathisants. Peu loquace en garde à vue, il a déclaré à l'audience n'avoir "rien à dire", se bornant à solliciter une remise en liberté d'une voix teintée d'un léger accent ibérique. "Il est tout sauf bête, il sait bien qu'il va devoir s'exprimer, il veut se défendre", a assuré Me Guillaume Laverdure. Me Henri Braun, son autre avocat, a regretté qu'on l'ait jeté "en pâture" devant "l'opinion publique".
Rejetant le terme de "bouc émissaire", la procureure a requis son maintien en détention. "Il se débarrasse aussitôt de son téléphone" quand les policiers s'approchent, a-t-elle souligné. "Il y a beaucoup de cynisme dans sa garde à vue quand il déclare que les faits sont terribles. Un renouvellement des faits est à craindre." La décision est attendue jeudi.