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INFO EUROPE 1 – «Actions plus violentes» et «détermination renforcée» de l’ultragauche : les craintes du renseignement pour l’acte 2 des Gilets jaunes

[Bruno Camillo / Middle East Images / Middle East Images via AFP]

Entre 400.000 et 500.000 manifestants sont attendus samedi dans les rues de France, dont 60.000 à 120.000 à Paris, selon les estimations du renseignement territorial. Plus de 500 actions ont déjà été identifiées par les autorités. Alors que le ministère de l’Intérieur renforce son dispositif de sécurité, les forces de l’ordre redoutent des débordements violents, des pillages et des attaques contre des lieux symboliques de l’État et des entreprises.

Un acte 2 des Gilets jaunes sous très haute tension. Alors que le ministre de l’Intérieur annonce un renforcement des effectifs policiers sur le terrain, avec notamment le déploiement de forces d’élite comme le GIGN et le RAID, le renseignement territorial craint le pire pour samedi, selon les informations d’Europe 1. Les autorités estiment entre 400.000 et 500.000 le nombre de manifestants attendus dans toute la France, dont 60.000 à 120.000 dans la capitale. Plus de 500 actions de rue sont notamment prévues.

Radicalisation de manifestants

Le renseignement territorial anticipe une densité plus importante des cortèges et une radicalisation de certains manifestants, susceptibles de recourir à la violence. Les autorités soulignent également une "détermination renforcée à se mobiliser" au sein de la mouvance d’ultragauche, qui pourrait s’allier à des jeunes issus de quartiers sensibles.

Des déambulations sauvages sont notamment à prévoir dans plusieurs villes. Cette mouvance entend instaurer un rapport de force avec l’État, qu’elle ambitionne de déstabiliser par des actions plus violentes, ciblant notamment les lieux de pouvoir et les grandes entreprises.

Des pillages redoutés

Autre crainte des autorités : les pillages. Selon les informations d’Europe 1, des groupes de casseurs auraient effectué, tout au long de la semaine, des repérages de commerces susceptibles d’être attaqués. Le risque d’affrontements entre pilleurs, commerçants et citoyens est jugé particulièrement élevé. Certains commerçants auraient pris des mesures pour se défendre, allant jusqu’à s’armer cette semaine.

À Lyon, un tract anonyme circule en amont de la manifestation de samedi. Son mot d’ordre : multiplier les fronts et amplifier la révolte. Pour contourner les restrictions et les interdictions de manifester, le document préconise, en plus de rassemblements tôt le matin, de disperser les participants à partir de 14h sur trois sites : la place Bellecour, la place de la République et l’Hôtel de Ville. Des points de repli sont mentionnés. 

L’objectif affiché est de tenter de déborder les dispositifs de sécurité. Le tract invite par ailleurs les participants à limiter leurs traces numériques et judiciaires : ne pas emporter leur téléphone, ne pas publier de photographies non floutées, se masquer dans le cortège et garder le silence en garde à vue.

Des entreprises ciblées

Par ailleurs, un article publié sur le site Rebellyon cartographie différents lieux de pouvoir de l’agglomération lyonnaise : mairies, sièges de la Région et de la Métropole, antennes d’institutions nationales, implantations de grandes entreprises du CAC 40, banques, commissariats et gendarmeries. La publication incite les participants à se rapprocher de ces lieux, voire à les cibler.

La mouvance d’ultragauche semble aussi s’organiser dans d’autres villes. À Nantes, des casernes des forces de sécurité intérieure pourraient être visées par des exactions. À Chambéry, des appels à s’en prendre à des symboles de l’État, comme le centre des impôts, circuleraient également. Les centres de rétention administrative (CRA) font eux aussi l’objet d’une vigilance renforcée. Des groupuscules antifascistes pourraient tenter de s’en prendre à ces établissements. 

Jeudi soir, à Lyon, une vingtaine de personnes ont été interpellées devant un CRA de la région lyonnaise. Elles sont soupçonnées d’avoir effectué des repérages. Dix d’entre elles ont été conduites au commissariat afin de procéder à des vérifications d’identité.