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«Il n'y a pas de juste retour» : face au manque de moyens, le ras-le-bol des policiers nationaux pourrait prendre de l'ampleur

Le syndicat majoritaire Un1té est reçu ce vendredi au ministère de l'Intérieur pour faire valoir des revendications sur des moyens humains et matériels ainsi qu'une revalorisation salariale. Les policiers craignant de ne pas être pris au sérieux, ils sont en grève du zèle depuis une semaine maintenant.

La base de leur métier, mais pas plus. Fini les opérations coup de poing dans les cités. "Notre travail c'était de déblayer des cités, de travailler et d'impacter fort le trafic de stups. Là, le fait qu'on n'y aille pas parce qu'on n'est pas écoutés, ils vont comprendre comment ça se passe. Pas d'interpellation, rien du tout. Les clients vont revenir comme si on n'avait jamais fait notre travail, parce que ça va super vite", témoigne anonymement un policier membre d'une brigade dans la région.

Du matériel acheté sur leurs propres deniers

Car en plus du sous effectif, le matériel manque ou laisse à désirer. "On va utiliser nos deniers personnels pour avoir du matériel ou pour s'acheter des trucs qui vont être un peu mieux. Ça va être des chaussures, même si la boîte nous en fournit, mais des chaussures qui vont être un peu mieux, des jumelles, des lampes qui vont être de meilleure capacité", poursuit ce policier.

Dans les commissariats marseillais, les exemples ne manquent pas non plus. "On a des voitures qui sont pourries, on a des beaux locaux sur certains secteurs, mais on a des locaux pourris sur d'autres. Les collègues ne peuvent même pas se changer dans les vestiaires sous peine de voir des rats, des cafards. C'est complètement délabré", rapporte le référent Un1té des quartiers nord, Arnaud Blaise.

"Il n'y a pas de juste retour. C'est nous qui faisons avancer tout le monde, mais nous, on n'avance pas. On a ce sentiment d'injustice", conclut Arnaud Blaise. Ces policiers refusent d'être la variable d'ajustement des contraintes budgétaires et les syndicalistes préviennent : cette réunion est la dernière avant un ras-le-bol général.